Épisode 4 : Reconnaître

May 04, 2026 01:31:10
Épisode 4 : Reconnaître
Appartenir : Le pouvoir de la participation
Épisode 4 : Reconnaître

May 04 2026 | 01:31:10

/

Show Notes

« Y faut de l’empathie ». Charlie et Jean-François observent des rencontres de comité et tiennent une table de discussion afin de mieux comprendre les défis de la gestion participative et les astuces pour la favoriser. Jean-François se rend également à Gatineau pour découvrir les effets de cette approche sur les employés d’une organisation et interviewer une spécialiste du sujet. Pour conclure la série, les membres du Rivage du Val St-François préparent une soirée micro-ouvert visant à transmettre, avec poésie, les valeurs qui les animent.

Réalisation : Jean-François Vachon et Charlie Vincent-Simoneau

Production : Rivage du Val St-François

Montage, textes et conception sonore : Jean-François Vachon

Musique : Gabriel Bouchard et Philippe Reiher

Prise de son : Jean-François Vachon et Jean-Sébastien Dutil

Mixage : Antonin Wyss

Visuel : MissPixels (Isabelle Gagné)

Merci aux membres et aux employés du Rivage du Val St-François ainsi qu’à tous les partenaires qui ont rendu ce projet possible, notamment : La Cordée ressource alternative en santé mentale, L’Ensoleillé ressource communautaire en santé mentale, Droit-Accès de l’Outaouais, Annabelle Berthiaume (Université de Sherbrooke) et Katharine Larose-Hébert (TELUQ).

View Full Transcript

Episode Transcript

[00:00:00] Speaker A: Le balado que tu t'apprêtes à écouter, tu peux pas l'entendre ailleurs. [00:00:03] Speaker B: C'est une exclusivité. [00:00:05] Speaker C: 88.3 CFAQ. [00:00:06] Speaker D: Ça part ici. [00:00:07] Speaker E: Bonjour à tous. Vous écoutez une série spéciale sur les ondes de CFAQ 88.3 où on écoute le balado, la série balado documentaire Appartenir, le pouvoir de la participation où à chaque semaine on écoute un épisode de cette série-là. C'est une série qui parle des organismes communautaires, un petit peu plus précisément en santé mentale et surtout la gestion participative de ces organismes-là. Pour en parler, j'ai encore une fois avec moi en studio Jean-François Vachon, qui est co-réalisateur, monteur, au texte et à la conception sonore du balado. Ça va bien, Jean-François? [00:00:47] Speaker A: Très bien. [00:00:47] Speaker E: Yes. J'ai aussi Sophie Brassé, responsable générale du rivage et qui est également employée pendant plusieurs années. Ça va bien? [00:00:57] Speaker C: Oui, merci. [00:00:57] Speaker E: On est déjà au dernier épisode, donc épisode 4, Reconnaître. Avant de parler un petit peu de l'épisode, j'aimerais ça on en a parlé un petit peu dans les débuts d'épisodes passés, mais moi je suis un gars qui s'intéresse à la technique, de comment les choses sont faites et en plus je fais de la radio. Donc Jean-François, Si ce n'est pas le premier projet de toi que j'écoute, il y a quand même un esthétique bien à toi pour les balados que tu développes aussi avec les projets. Je pense qu'il y a un énorme travail au niveau de l'immersion et de l'habillage sonore. Peux-tu nous parler de comment on se prépare à faire un épisode dans ce style-là où l'immersion est vraiment au centre de l'esthétique du balado? Est-ce que tout est vraiment pensé? Est-ce que tu prépares 160 téras de disques durs et t'enregistres tout et la réalisation se fait en post-production? Parle-nous un peu de ta méthode de travail. [00:02:06] Speaker A: Heureusement, ce n'est pas des terras en audio. C'est moins gourmand qu'en vidéo. Donc, il n'y a pas besoin d'une carte SD. Il n'y a pas besoin d'en avoir deux ou trois pour la journée. Moi, j'ai une approche. J'enregistre beaucoup. Je pense que j'avais compté pour ces quatre épisodes-là, on a enregistré 40 heures de matériel. Donc, c'est beaucoup d'écoute. Quand même de la préparation, c'est sûr que cette année en particulier, je me suis un petit peu plus équipé pour être mobile, c'est-à-dire d'avoir un sac où est-ce que toutes mes choses sont dedans, d'avoir une perche. d'avoir des micros que je peux mettre sur les personnes qui parlent le plus souvent. Ça, ça peut être très libérateur parce qu'après ça, t'as juste à te concentrer à faire les entrevues, puis tu peux aller chercher des belles ambiances sonores. Il y a des moments que je me dis, OK, je vais enregistrer le bruit du frigo ou je vais enregistrer le bruit du plancher, au rivage en particulier, que j'évoque souvent. Mais souvent, je fais avec ce que j'ai. C'est un exemple, dans l'épisode 2, le dîner communautaire, j'enregistrais tout le dîner, j'enregistrais dans la cuisine. Puis t'sais, enregistrer dans une cuisine, c'est pas les conditions idéales. Je veux dire, il y a une fan, il y a une sorte de bruit, il y a de l'écho. Mais t'sais, en même temps, c'est... Ma philosophie, c'est de faire avec ce que j'ai, puis de l'utiliser comme une contrainte créative. De dire, non, bien là, je peux pas mettre la cuisine, le son est pas assez bon. Non, non, non, on va mettre le son, puis on va essayer que ça... que ça fonctionne. Puis là, après ça, je prends des sons, puis j'essaie d'harmoniser tout ça, puis ça fait partie du plaisir que j'ai à monter ça. Puis c'est la même chose aussi avec les paroles, c'est que les gens, ce qu'ils disent, des fois, il y a des liens qui... qui arrivent, qui sont des fois magiques. Je me disais, mon Dieu, cette personne-là a dit ça. Puis là, plus tard, trois jours après, elle a dit ça, puis il est tombé un beau lien là. Puis c'est ça la magie de faire ça. Puis c'est ça vraiment que j'aime. Puis des fois, tu ne peux pas prévoir. Il y a une partie que tu prévois, puis il y a une partie que tu ne prévois pas. Puis c'est les deux. C'est sûr que... Au niveau technique, c'est s'assurer, il y a des bases. C'est sûr, si tu es au micro, il y a un bug dedans tout le long, ça ne marche pas. Il y a un petit souci, une petite préparation. Mais après ça, c'est de faire avec ce que tu as. C'est sûr, ça fait des projets plus longs à faire. Ça fait beaucoup de mixage, beaucoup de finition. C'est comme ça fait très long, mais en même temps, je pense que ça vaut le coup parce que les auditeurs vivent, les auditrices vivent vraiment l'expérience. Moi, c'est ça que je veux. [00:04:36] Speaker E: Il y a plusieurs moments que je... On dirait que c'était comme trop beau pour être vrai. Je ne croyais pas que tu avais enregistré ça. Est-ce que tu enregistres tous les sons qu'on entend dans le balado, c'est que tu enregistres sur le terrain ou tu vas aller chercher des sons dans des banques de sons pour venir coller ça? [00:04:52] Speaker A: Ça arrive surtout avec les portes. Des fois, je n'ai pas le son d'une porte qui s'ouvre ou qui se ferme d'un endroit. Des petits sons comme ça, ça peut arriver que je vais aller les chercher, mais j'enregistre la majorité. Il y en a que j'enregistre sur le terrain. Il y en a que je vais enregistrer la porte chez nous. Mettons, des fois, il manque quelqu'un qui monte les escaliers, je vais enregistrer les escaliers chez nous. Ce n'est pas tout le temps exactement l'endroit, mais j'essaie d'être le plus fidèle possible. Mais quand c'est quelque chose qui est neutre, c'est sûr que ça fait partie... Je n'arrête pas de le répéter, quand on fait du documentaire, c'est la réalité, mais ce n'est pas 100 la réalité. C'est une histoire. Il ne faut pas qu'on oublie que c'est une histoire sur tout le type de documentaire que je fais. Donc, il y a un aspect esthétique, il y a un aspect artistique, il y a un aspect histoire qui fait que des fois, on fait... on agence les choses pour que le sens ressorte plus. Puis, t'sais, ceux qui connaissent le documentaire, ça peut arriver aussi des fois que quelque chose a été enregistré une journée, mais que là, au niveau du sens, on peut bouger les choses. Mais t'sais, il faut évidemment pas traverser la réalité, mais des fois, ça fait ressortir des choses mieux, bien, on le fait. Je suis parfaitement à l'aise avec ça. Ça fait partie de la pratique et ça fait partie de ceux qui n'en font pas. Des fois, ils ne savent pas ces détails-là, mais c'est important. Mais c'est sûr qu'il faut rester objectif, il faut rester à la réalité, mais ça reste une œuvre artistique quand même. [00:06:17] Speaker E: Je ne voulais pas trahir tes secrets, j'ai vu son petit sourire en coin, mais c'était tout le temps bien réalisé et on ne s'en rend pas compte quel son tu aurais faké. Donc Jean-François, tu as co-réalisé la série de Balado avec Charlie, Vincent, Simono. C'était comment de travailler à deux et c'était quoi votre dynamique pendant les tournages? [00:06:43] Speaker A: Ça a été dans les tournages, mais aussi avant. Ce qui est intéressant, justement, de ce projet-là, c'est qu'on était un peu les deux à la réalisation, dans le sens que j'ai eu beaucoup de discussions avec Charlie sur c'est quoi qu'on va aller enregistrer, pourquoi, est-ce que ça va fonctionner. Parce qu'elle connaissait plus le sujet que moi, parce qu'elle, elle l'étudiait depuis longtemps, parce qu'elle était là depuis le début du projet de la gestion participative. Je pouvais lui poser des questions, justement, sur le sujet, puis elle pouvait me renseigner rapidement. Puis c'était aussi intéressant parce qu'il y a des rencontres qu'on a faites, des messages qu'on s'est échangés, que j'ai pu mettre dans le balado. Ça contribuait à montrer la réflexion qu'on avait les deux, que j'avais moi, que des fois je ne comprenais pas, que je me posais des questions. Puis des fois, on constatait des choses ensemble aussi, donc ça amenait vraiment une [00:07:33] Speaker E: belle... Oui, un moment donné, tu lui as désigné le lac Mégantic. [00:07:37] Speaker A: Oui, oui, j'ai montré. Elle n'avait jamais été à lac Mégantic. Elle a dit, ah, c'est le lac. Oui, oui, c'est le lac. [00:07:43] Speaker B: Tu as contribué. [00:07:45] Speaker A: Tout ça, oui. Puis tu sais, je pense que c'est ça aussi, elle a contribué. Dans les entrevues, il y a des entrevues que c'est elle qui faisait. Des fois, je trouve que c'est bon aussi d'avoir des fois, d'être deux parce qu'on n'a pas la même façon de poser les questions. On n'a pas le même type de relation que les personnes. Donc ça, ça a amené des bouts différents. Puis ça a été aussi intéressant, c'est purement au niveau du montage, de montrer la relation qu'on avait, moi et elle, dans le balado, à le faire. Des fois, juste à se déplacer, puis des fois aussi d'amener... Dans mes balados aussi, j'aime ça aussi m'amener des petits points d'humour, des fois des choses qu'on... des petits moments un peu drôles, quand on va chercher la pizza, à un moment donné, dans l'épisode 2. Des petites choses comme ça qui permettent, parce qu'on est deux, un peu tout le temps dans l'action, ça permettait d'amener ça. Puis c'est ça, au niveau du sujet, c'est quelqu'un aussi, de le faire avec une travailleuse sociale, je trouvais aussi que ça amenait une crédibilité au projet, puis ça m'amenait à voir le sujet autrement. C'est un bel équilibre, je trouvais. C'est quelqu'un qui a été vraiment énormément dans le bain de ça. Parce que Charlie, elle a été au rivage, Sophie est dans le bain tous les jours, mais pendant tout le long du projet, elle allait au rivage pendant une période quasiment à chaque semaine. Puis sur ce sujet-là, de poser des questions aux gens, c'est quoi la gestion participative? Puis elle savait, elle a pu exprimer, elle l'exprime au début du balado justement, que des fois, ce n'était pas facile. En tout cas, elle m'a vraiment beaucoup éclairé à ce niveau-là, puis ça a été une belle expérience pour ça. [00:09:22] Speaker E: Quel pourcentage, tu penses, t'es pas obligé de me donner un pourcentage, mais juste, quand tu te rends sur un lieu, je sais que t'as des questions, j'imagine, à poser, mais tout l'habillage autour, les interactions avec les gens, est-ce que tu arrives là déjà avec un plan, avec un nombre de personnes, ou c'est vraiment de la réalisation un petit peu en temps réel? [00:09:48] Speaker A: C'est un petit peu les deux, mais je dirais une réponse simple, ça serait, il y a toujours un petit peu le terrain à préparer. C'est quoi le meilleur événement qui est le plus fertile possible en situation porteuse de sens, puis en témoignage porteuse de sens, puis en nombre de personnes, mais pas trop de personnes non plus. Puis c'est quoi le sens de cette scène-là? Mettons, je n'aurais pas été à quatre dîners communautaires ou peut-être si j'avais été à quatre dîners communautaires, j'aurais pris deux dîners et j'aurais fait un dîner avec ça, parce que c'est pour avoir plus des éléments. Mais c'est d'avoir une certaine variété. Puis c'est sûr qu'il y a certaines questions qui m'intéressent. Oui, je vais écrire des questions, mais souvent, c'est plus des sujets que je vais aborder. C'est quoi les thématiques que je vais aborder, que je vais me dire, OK, ça, il faut absolument que je pose cette question-là à Sophie, par exemple, ou il faut absolument que j'aborde ça. Puis il y a aussi l'aspect purement immersif, comme au dîner communautaire, cette scène-là vient souvent, mais c'était de, ben, je vais juste voir ce qui se passe. je vais enregistrer ce que je trouve intéressant, puis je vais regarder les personnes, puis je vais aller, c'est un peu le style vox pop, aller poser des questions spontanées. Ou des fois, juste moi, m'asseoir, puis commencer à parler avec quelqu'un, puis voir ce que ça donne. C'est ça, des fois, c'est sortir du formalisme. Quand c'est trop formel, qu'on sente que... qu'on vit l'expérience. Fait que c'est un mix de tout ça. Moi, je suis beaucoup un partisan de la variété. Faut que ça soit varié. Faut que les types de scènes changent. Sinon, ça peut devenir peut-être redondant. Puis c'est ça que je travaille sur beaucoup. [00:11:29] Speaker E: Puis tu t'as dit, c'est ça, 40 heures d'enregistrement. Ça a donné quatre épisodes. Est-ce qu'on le savait en début de processus? Est-ce que t'es rendu au point que tu disais, à peu près, pour toi, c'est 10 heures d'enregistrement, ça fait un épisode d'environ 40-50 minutes. Ça se décide où dans le processus? [00:11:51] Speaker A: Ça se décide pendant, mais c'est beaucoup à la fin, c'est quoi tu utilises. [00:11:56] Speaker E: Ça aurait pu être six épisodes, ce balado-là? [00:12:00] Speaker A: Oui, peut-être cinq. Peut-être. [00:12:02] Speaker E: Peut-être, mais... Oui, bien là tu le sais après avoir réfléchi tout ce que tu as enregistré, mais c'était vraiment ouvert pour le nombre d'épisodes. [00:12:09] Speaker A: Oui, oui. On avait déjà déterminé que c'était quatre épisodes dès le départ. C'est sûr que les enregistrements, on a fait un nombre qui allait avec ça. Ce n'est pas nécessairement le nombre, mais c'est le type d'enregistrement que tu fais. Mettons s'il y avait eu un cinquième épisode, il aurait fallu peut-être des enregistrements qui touchent un peu une autre thématique qu'on a moins touchée. pour éviter la redondance. Donc, c'est ça, c'est une planification d'avance. Puis, tu sais, c'est pas nécessairement un nombre d'heures. Là, ce serait facile de dire, c'est 10 heures d'enregistrement pour un épisode, mais non. Des fois, dans ce projet-là, c'est moins aggravé, mais des fois, ça arrive que tu peux faire un enregistrement, tu peux aller enregistrer une journée, puis finalement, ta journée, tu peux pas la mettre d'une part. [00:12:51] Speaker D: Ça fitte pas. [00:12:53] Speaker A: Mais là, j'ai pas mal tout mis. Tous les enregistrements, j'ai réussi à les placer, mais des fois, ça arrive que tu ne peux pas. C'est là que tu peux avoir 60 heures, puis finalement, il y en a plein que tu ne gardes pas. [00:13:07] Speaker E: C'est comme faire un album de musique des fois et des chansons qui ne font pas la cote. C'est une série de documentaires, mais c'était quand même dans le cadre d'une commande, d'une boîte à outils. Est-ce que rester objectif, c'était-tu un défi? C'était-tu de quoi tu pensais pendant l'enregistrement ou on voulait montrer les bons côtés? C'était quoi ton langue par rapport à ça? [00:13:43] Speaker A: Moi, c'est ça, je fais des projets dans une dynamique collaborative. C'est sûr que les projets que je fais, c'est quand même proche de moi, les valeurs. Donc, c'est plus facile, je dirais, de rester objectif et de rester en harmonie avec les personnes qui m'ont dit est-ce [00:14:01] Speaker D: qu'on peut faire un projet là-dessus. [00:14:04] Speaker A: C'est sûr, dans ce projet-là, on essaie de montrer les bons côtés de la gestion participative, mais évidemment, il ne faut pas se mettre la tête dans le sable. Il y a tout le temps, dans tous les projets que je fais, et c'est ça, justement, le quatrième épisode, on embarque dans ça, des défis de la gestion participative, les défis que ce n'est pas tout le temps facile, ce n'est pas toute rose. Puis ça, c'est quelque chose que je me suis posé tout le long du montage. Est-ce que je suis trop élogieux? Parce que ça peut être dangereux de l'être tôt, parce que c'est facile en montage de rendre les choses belles, touchantes. C'est un peu ça aussi notre objectif. On veut y mouvoir, mais en même temps, il faut faire attention. Puis là, c'est là que je dis qu'il faut rééquilibrer ça. Je procède, j'essaie tout le temps que ça soit équilibré, mais c'est sûr que ce n'est pas l'objectif du projet. Là, je commence un nouveau balado, par exemple sur la crise du logement. Et là, c'est sûr qu'on va être dans un angle plus de voir ce qui ne fonctionne pas, parce que ce n'est pas tout beau, la crise du logement. Mais ça, l'objectif général, c'était vraiment d'explorer et de voir, mais on montre les bons et les côtés les plus difficiles. [00:15:13] Speaker C: Pour le RIVA, je pense que c'était immensément important de montrer justement que ce n'était pas une affaire qui se fait facilement. Quand tu travailles en gestion participative, il faut que tu fasses le choix comme organisation de le faire. Il faut se ramener à chaque jour le pourquoi on le fait. Le fait que ce soit émouvant, qu'on voit ce que ça contribue vraiment aux gens concrètement. c'est le moteur qui fait qu'on va continuer de faire ce choix-là parce que c'est sûr que c'est plus long, c'est sûr que ça amène plein d'enjeux de travailler en gestion participative, mais pourquoi on continue de garder le cap et de le faire, c'est parce que ça sert, mais on ne pouvait pas faire à croire que ça allait se faire facilement parce que les organisations lâcheraient de toute façon. c'est de tenter les gens de le faire dans leur organisation, mais si on n'est pas transparent, les gens vont faire «c'est bien trop compliqué» et on tire la plug et il n'y en aura pas de gestion participative. Donc si on veut donner envie, c'est de montrer le portrait le plus juste possible et tout ce que ça l'englobe. [00:16:13] Speaker E: Justement, dans cet épisode-là, vous êtes allés dans un CA d'organisation. C'est bien, ça me fait des yeux. Un comité où j'ai accès à l'administration, c'est pas grave. [00:16:27] Speaker A: C'est sûrement des désirs possibles. [00:16:29] Speaker E: Vous êtes allé assister à voir comment ça se passe, ces réunions participatives, je vais prendre un terme le plus large, je suis désolé. On voit justement que ce n'était pas facile, comme auditeur, on parlait d'une sortie, c'est fait par les usagers, «OK, qu'est-ce que vous voulez faire?» Il n'y avait pas beaucoup de monde cette journée-là. Il était peu motivé par l'activité, mais ceux qui l'avaient proposé n'étaient pas présents. Mais le travail de l'intervenante, c'était qu'on puisse réaliser les idées de ceux qui n'étaient pas là, parce qu'ils ont contribué par le passé et ils vont revenir. C'est ça, ça distribuait des tâches. Ça prendrait quelqu'un qui appelle et personne ne se porte volontaire. C'était quand même dur d'écouter. J'avais beaucoup d'empathie pour l'intervenante. C'est une représentation globale de ce qui se passe en général ou c'était une journée plus ardue? [00:17:34] Speaker C: Ça fait partie de la réalité que des fois, on va avoir deux membres dans un comité parce que la majorité des comités vont être décisionnaires. C'était le comité de vie associative. Ça fait partie de la réalité que des fois, on va être deux, des fois, on va être douze. Le défi, je pense, quand on travaille en gestion participative, ce serait facile de travailler comme ça, on choisit les activités. Moi, Sophie, j'aime ça faire du dessin, donc on va faire du dessin, mais moi, ça ne me dérange pas ce que Jean-François veut faire. Moi, je suis là et c'est ça qui est important. Fait qu'au RIVAGE, on est vraiment dans la culture du jeu au nous, au nous tous. Fait que je pense de moi, Sophie, qu'est-ce que je veux, dans quoi j'ai envie de m'impliquer, à nous, qu'est-ce qui serait le fun pour nous trois, mettons, ici, en ce moment, qu'est-ce qu'on voudrait faire vivre ensemble comme activité, à ceux qui ne viennent pas, qui sont dans la communauté, qu'est-ce qu'ils aimeraient, eux autres? Fait que là, il faut que je réfléchisse pour eux aussi. Mais ça fait que les comités, quand ils sont décisionnels, qu'on soit deux ou douze, quand on les réfléchit dans les valeurs du rivage, dans le sens de la mission, dans les façons de faire, les principes du rivage, techniquement, on est supposé d'arriver à quelque chose qui va être global pour tout le monde puis qui va correspondre aux besoins qu'on a émis, mettons, en Assemblée générale annuelle. Mais ça apporte que des fois, dans le quotidien, quand c'est toi la personne qui soutient le comité, tu as l'impression de plus patiner, mais ça fait partie de la réalité. C'est de comment garder l'essence de ceux qui ne sont pas là, de rester dans le nous tous, alors qu'il y a deux, trois personnes. Puis des fois, il va y avoir des personnes un peu plus, je ne sais pas comment l'exprimer, mais des personnes plus leaders qu'eux autres qui ont des idées et qui sont plus dans le jeu. c'est un défi de ramener à non, il faut penser à plus nous, il faut réfléchir à ce que tout le monde souhaiterait, puis comment vraiment répondre aux besoins de la communauté. C'est un défi qui n'est pas toujours simple. Je pense que c'est important de le mettre en lumière, puis on le voit, puis oui, ça fait vivre des fois des malaises. Dans cet épisode-là, on voit que ça peut être à la limite souffrant quand tu es là et que tu travailles et que tu essaies de motiver les gens mais qu'il n'y a pas de motivation. Mais c'est la réalité. Des fois, les gens ne sont pas motivés et d'autres fois, où est-ce que tout le monde est emballé pour faire quelque chose et que là, ça émerge. Mais ça fait partie de la réalité. Heureusement, ce n'est pas toujours comme ça. Mais oui, il y a des fois qu'on va vivre ce genre de comité-là. [00:20:02] Speaker E: C'est ça, c'est un épisode sur les défis. Il y a eu évidemment la participation. Est-ce qu'il y a d'autres défis que ça peut amener cette façon de gestion participative? [00:20:20] Speaker C: Oui, au niveau du temps, des fois, c'est plus long. C'est plus long de prendre des décisions parce que certains vont se sentir pas légitimés de prendre une décision quand on est moins. Ça amène tous les enjeux des questionnements. d'inclure les gens sans exclure les autres aussi. Ça, c'est un concept qui arrive souvent. Comment inclure sans exclure? Parce que quand on essaie d'inclure plein de gens dans les décisions et qu'on ne va pas tous au même rythme, on ne comprend pas toutes les mêmes choses. Mais comment on fait pour arriver à une décision finale, de s'en voir perdu des gens, s'en voir... Parce que c'est arrivé, mettons, historiquement, dans le rivage, que des gens qui sont super articulés, qui ont plein de connaissances, mettons, en comptabilité, que ce serait bien simple pour eux d'arriver puis faire des prévisions budgétaires. Mais là, c'est de comprendre qu'on ne peut pas faire ça tout seul. Il faut faire ça ensemble. Fait que comment garder l'intérêt des gens qui vont... mettons, qui irait plus vite alors qu'il y en a d'autres qui ont besoin de plus d'explications. Puis aussi, ça arrive plein de fois, mettons, les gens, est-ce que ça vous va, vous comprenez? Oui, oui. Puis là, tu fais, ah non, ils n'ont pas compris. C'est comme, on n'est pas à la même place. Ça fait que là, c'est de vraiment reprendre le temps de bien expliquer, de bien... L'exemple du budget est très simple à comprendre parce que visuellement, il y a des gens qui vont comprendre, mettons, des chiffres. Ils vont voir les chiffres et ils vont comprendre les colonnes de chiffres. Il y en a qui ne font pas ça en tout. Il y en a qui avaient besoin de quelque chose de plus graphique. Il y en a qui avaient besoin d'images. Il y en a qui avaient besoin de plus de mots, des chiffres aussi qui étaient visibles. Donc, on a essayé de rendre ça très concret pour tout le monde. Ça fait qu'on partait d'un objectif commun qui était, mettons, de comprendre le budget du rivage, puis on a tout mis, on a créé un outil sur mesure pour où tout le monde allait trouver son compte. Ça fait que c'est comme une grosse fresque qui est sur notre mur. Il y a des diagrammes, il y a des images, il y a des liens. Ça fait que là, c'était de trouver la juste façon pour que tout le monde comprenne. Puis ça, ça correspond au rivage. Si on essaie de faire ça dans une autre source, peut-être que pour eux, ça n'aurait aucun sens. Il faut vraiment trouver notre couleur et notre façon de comprendre les choses. Ça, c'est un défi, je pense, qui est important de ne pas laisser personne derrière, mais en même temps, de ne pas non plus perdre ceux qui voudraient aller plus vite. [00:22:47] Speaker A: Je pense que c'est un or dans l'univers des ressources alternatives, dans l'univers des organismes communautaires, puis même dans tout univers, parce qu'il y a une scène après, justement, que je ramène à une entrevue que j'avais eue avec Sylvain, que c'est difficile pour... C'est difficile de prendre des décisions collectives. Pour toutes les raisons que tu as dit, il y a tellement de nuances. Puis ce qui est intéressant des gens qui s'impliquent dans des organismes communautaires, c'est qu'à un moment donné, ils vont chercher cette expertise-là. Il y a une grosse partie de la population qui ne s'implique pas ou qui ne sont pas confrontés à ces enjeux-là. Oui, à leur travail, mais des fois, ils n'ont pas cette connaissance-là. Puis je me souviens, Mané et Charlie, on avait eu des discussions. Je pense que je n'ai pas mis ce bout-là. mais elle disait qu'il arriverait quelque chose comme le verglas. Il y a déjà une communauté de mobilisés au River. C'est des gens qui sont déjà habitués de prendre des décisions collectives. C'est une expertise qui est acquise. Toutes les gens qui sont ici serrés comme ça et qui savent prendre des décisions, qui savent toutes ces subtilités-là, à un moment donné, c'est une richesse ça aussi. Mais c'est difficile. Je pense que des situations comme la situation dans une communauté vie associative avec la plage, je suis sûr que ça arrive des fois juste entre amis. Dans le fond, personne n'est motivé, puis là, ça traîne, puis là, une personne qui est en terre tout le temps l'autre. C'est des choses... Oui, on découvre beaucoup [00:24:11] Speaker E: de choses juste avec des jeux de société. Oui, on survivrait pas longtemps en temps d'apocalypse. [00:24:21] Speaker A: C'est ça que j'ai trouvé intéressant aussi, de découvrir toutes ces subtilités-là, des décisions collectives, toutes les possibles embûches. Il y en a beaucoup. Des fois aussi, les préconceptions qu'on peut avoir avec les personnes. La division aussi sûrement très difficile des fois entre employés et personnes utilisatrices de l'organisme. Puis quelque chose aussi que j'aimais au rivage, que Sophie a dit dans le balado justement, c'est cet aspect-là égal à égal, au sens que je pense que des fois ça arrive que les employés peuvent se confier quelque chose qu'ils vivent aussi. Je pense que vous n'êtes pas tout le temps dans une posture, moi je suis juste là pour aider et je [00:25:02] Speaker D: ne me fais pas aider. [00:25:02] Speaker A: Ça aussi, ça ajoute à l'ambiance générale qu'il y a là-bas. Dans les défis, il y a aussi j'imagine, peut-être que tu l'as nommé, mais l'idée, c'est ça de doser, est-ce que j'en fais, le monde ne s'est pas mobilisé. Mais là, si je ne fais pas quelque chose, ils vont peut-être vivre un gros échec. Si je fais quelque chose, ils vont vivre un gros succès qui va les motiver après. Ça fait que c'est plein de décisions comme ça. [00:25:30] Speaker C: Comment choisir où est-ce qu'on fait vivre un échec, où est-ce qu'on fait vivre un succès? Comme travailleuse, c'est tellement de réflexion. Je pense aux open mics. À un moment donné, il y a un membre qui tripe sa musique. Nous autres, on lui propose ça. Pourquoi on ne fait pas un open mic? Puis on embarque à fond. Ah oui? Quelle bonne idée. on va faire ça, on fait un pilote. Puis là, ça marche, il y a des gens qui viennent. On fait une activité récurrente avec ça. Parfait. On est allé chercher un budget, on fait l'open mic. Là, on invite toute la communauté à venir. Ça fait que c'est les 3e vendredis du mois, il y a un open mic, les gens viennent, il y a des musiciens, des slammers, il y a plein de... tu sais, tout type d'artistes qui peuvent venir. Là, mettons, au bout d'un an, ça va faire deux ans qu'on fait ça, mais au bout d'un an, mettons, c'est un peu essoufflé, puis là, la personne qui est initiatrice du projet, mettons, elle ne peut pas cette fois-là. Puis là, il n'y en a pas tant qui sont là. Puis là, je regarde ma collègue, Nat, puis comment c'est que c'est nous qui plaçons toutes les chaises, qui lave le plancher, qui lave les toilettes juste avant le... On fait-tu la bonne affaire? Faut-tu le faire? Faut-tu pas le faire? Mais là, on invite la communauté. Ça fait que c'est l'image aussi que le rivage a. Qu'est-ce qu'on fait? Qu'est-ce qu'on veut faire vivre comme succès? Si une journée, il est 6h30 et les gens arrivent, il n'y a rien de... pas de plug-in, pas de fil. Tu sais, j'ai appris à connecter des micros et tout ça. Mais si cette fois-là, parce que la personne, mettons, qui était supposée venir faire le son, elle vient pas. Ça fait qu'est-ce que... qu'est-ce qu'on a envie de faire vivre aux gens, tu sais, la honte qu'il arrive et qu'il n'y a rien de prêt, le fait que non, bien au final, on le fait parce que là, il y a quelque chose d'important qu'on veut inviter, on veut redorer l'image du rivage, qu'on a envie que les gens trouvent ça le fun puis que ça soit accueillant. Ça fait que c'est tout le temps de choisir où est-ce qu'on va mettre les efforts, puis comment les mettre pour pas faire à place des gens, mais que... On vit quelque chose de cool, mais sans pallier à tout le temps le faire nous autres-mêmes. C'est comment les motiver à le faire, comment trouver de la relève pour les activités. [00:27:36] Speaker E: Je me souviens le passage que tu nommes, de justement placer les chaises. Je me souviens, j'ai fait pause au balado et je me suis demandé... C'est quoi la bonne décision? Puis j'étais content que ce n'est pas moi qui ai pris cette décision-là. Ça devient rapidement, il y a des pours et des comptes, puis il faut prendre une décision. Sinon, je pense que c'était dans l'épisode précédent, c'était dans l'épisode 3, mais c'était encore avec l'entretien avec Sylvain, que quand il parlait qu'il avait amené ça, l'approche participative, qu'il y en avait des usagers qui qui s'étaient fâchés ou parce que, justement, ça reste bénévole, mais ils se mettent à faire du travail. Est-ce que c'est de la frustration qu'on observe encore, mettons, au rivage? [00:28:25] Speaker C: Je dirais que ça revient, c'est comme un cycle, mais des fois, oui, ça peut faire vivre une frustration chez les gens parce qu'ils ont l'impression d'en faire tout autant que nous. Pourquoi toi tu es payée et moi je ne le suis pas? Pourquoi moi je dois décider... de ton salaire, puis bonifier ton salaire, alors que moi, je ne suis pas payée, puis mes conditions de vie à moi, elles ne s'améliorent pas, tu sais. Ça fait que c'est tout cet accompagnement-là de, ben toi, tu sais, mettons, le gouvernement, lui, il ne prend pas en compte le fait que tu devrais avoir ce salaire-là, mais toi, tu as le choix de donner à tes travailleuses un meilleur salaire. Fais-tu ce choix-là ou tu décides de... Fait que c'est tout cet accompagnement-là. Puis oui, on en a vécu des frustrations, mais au rivage, on le dit souvent, si tu as envie d'appliquer sur un poste, on se mise beaucoup sur le savoir-être, sur le savoir expérientiel. On peut t'engager, mais on n'a pas nécessairement besoin que tu aies un diplôme universitaire pour pouvoir travailler au rivage. Mais il faut que tu aies les compétences qui vont être là, par exemple. Il faut que tu puisses... Faire délivrer un peu le travail dans le quotidien. Ça, on s'attend à ça. [00:29:36] Speaker E: Ça devient un emploi en soi. [00:29:37] Speaker C: C'est ça, parce que tu es rémunéré pour ça. C'est de décortiquer avec les gens. Des fois, on fait des journées de réflexion, puis on réfléchit avec les gens. Oui, c'est vrai, tu as l'impression que oui, tu vas appeler, mettons, pour mettre en place la plage. Tu vas appeler, tu vas faire cette démarche-là, tu vas organiser le transport, tu vas aussi... Mais en arrière de tout ça, qu'est-ce qu'il y a? OK, bien là, il y a la préparation du comité. Ça, je l'ai faite. Il y a payer les factures. faire les payes des gens, faire la demande de subvention qui va permettre qu'on va avoir le droit de faire des activités. On est financé par le PSA, donc il faut faire toute cette reddition de compte-là pour avoir le droit d'avoir ça. Il faut pouvoir payer, je ne sais pas, les DIS. Il faut pouvoir faire des formulaires pour, mettons, registraire des entreprises du Québec. de juste de voir, de réfléchir à tout ce que ça englobe. Puis là, les gens, dans notre fresque de budget que je parlais tantôt, on a des genres de petites pochettes parce que ça, ça a été revenu. Puis là, on a des pochettes de suspects. C'est comme un dossier criminel, si on veut. C'était vraiment intéressant. On a de la créativité jusqu'au bout. Ça fait qu'on avait fait des genres de pochettes de suspects, dans le fond. comprendre, OK, qu'est-ce que ça fait le responsable général? C'est quoi vraiment ces tâches? Fait que là, on a tous décortiqué ça ensemble. Chacun a fait une image de ce qu'il pensait que c'était. On a aussi mis dedans, dans le fond, la description des tâches, puis on a vraiment eu une discussion à avoir. OK, fait que toi, dans le fond, quand t'es dans ton bureau, c'est pas parce que tu veux pas être avec nous autres dans le milieu de vie, c'est parce que... t'as les paies à faire, t'as tout ce côté-là administratif à faire, t'as ces courriels-là à répondre. Fait que là, ils voyaient mieux un peu qu'est-ce qu'on fait dans le quotidien. C'est pas parce que le comité dure une heure que c'est juste une heure de travail et que le reste du temps, on se la coule douce. mais c'est des questions qui sont légitimes. Puis moi, je me dis que la relation qu'on a avec les gens leur permet de nous poser ce genre de questions-là, de ne pas rester avec leur frustration, puis de faire comme, elle pense qu'elle va m'impliquer, puis qu'elle va être payée, puis moi, je ne le serai pas. Mais là, ils ont la légitimité de nous poser ces questions-là, fait qu'on développe encore plus un lien qui est vrai, puis qui est profond avec les membres de la ressource. [00:31:43] Speaker A: Il n'y a pas de tabou, c'est ça. [00:31:45] Speaker E: Oui, ça se dit. Est-ce que, je ne pense pas que c'est tant traité, vous me direz si je n'ai pas raison, mais peut-être aussi je mets des lunettes très utilitaires, est-ce que c'est un de ramener des gens ou d'amener des gens sur le marché du travail à long terme, vu qu'ils occupent un peu des postes à la mesure de leur capacité présente, est-ce que... Il y a comme une volonté qui réintègre le marché du travail quelconque ou c'est vraiment plus l'aspect communauté? [00:32:25] Speaker C: C'est le souhait de la personne. Je pense que c'est intéressant qu'elle ait une place pour explorer ses compétences, qu'elle ait une place pour les développer, ses compétences-là. Je pense que ce ne sera pas le cas pour tout le monde, mais il y a des membres qui ont passé au rivage que ça leur a donné comme un tremplin pour autre chose. Puis ça, c'est beau à voir. Il y en a d'autres que c'est sortir vraiment de leur isolement puis de se prouver à eux-mêmes qu'ils ont des compétences puis qu'ils sont capables de contribuer à leur communauté. Puis ça, pour eux, c'est super gratifiant. Puis pour nous, c'est gratifiant aussi de voir cette évolution-là. Comme organisme communautaire, on doit, dans le fond, faire de la transformation sociale. Puis ça, à mes yeux, c'est ça, de voir des gens partir de «je suis enfermée chez moi, à rien faire, j'ai peur des gens », à «je suis capable de participer aux actions du rivage, je suis capable, tranquillement, je suis capable de proposer des choses, je suis capable d'animer quelque chose, je suis capable de participer puis de le faire ailleurs. Ultimement, il y en a qui font aussi, sans avoir un emploi, bien qu'ils vont faire du bénévolat ailleurs qu'au RIVAGE. Tu sais, qui devient un... On appelle souvent le RIVAGE comme un safe space pour les membres. Ça fait que c'est un lieu qui est très accueillant, très sécuritaire pour eux. Mais à force de développer des compétences puis de croire en eux, ils sont capables d'aller faire ça aussi ailleurs dans la communauté, donc dans d'autres organisations, d'aller faire du bénévolat. Ça fait que, tu sais, pour nous, ça, c'est une réussite. Pour eux aussi, ça en est une réussite. [00:33:53] Speaker E: C'est le dernier épisode. S'il y a une chose ou plusieurs que vous aimeriez que les auditeurs retiennent suite à ce balado-là, parce que oui, ça se voulait une boîte à outils pour les organismes qui aimeraient s'embarquer dans la gestion participative, mais je pense que ça dépassait un petit peu ça. Clairement, ce n'était pas adressé juste à des intervenants ou à des CA d'organisme communautaire, ça serait quoi ça? [00:34:26] Speaker A: Bien, moi, je pense que c'est de connaître ces endroits-là où est-ce que ça se fait. C'est sûr que le sujet de la santé mentale, vu qu'on a été en beaucoup de ressources en santé mentale, c'est d'avoir un regard différent sur la santé mentale. Ça, c'est sûr, c'est quelque chose, en plus de la gestion participative, qui était toujours à mon esprit parce que c'est important. Ça, c'était quelque chose que je voulais vraiment faire sentir aux gens, faire sentir, comme je le disais déjà, mes questionnements que j'ai à ça, tu sais, des fois, les choses que je me disais, je pensais que c'était comme ça, puis finalement, c'est pas comme ça. Fait que vraiment, au niveau de la vision, ça, c'est important. Puis de montrer l'impact, c'est sûr, tu sais, c'est de montrer qu'est-ce que ça donne de participer, tu sais. Qu'est-ce que ça donne, puis oui, ça peut donner un emploi, ça peut donner quelqu'un qui s'implique dans la société, ça peut donner quelqu'un qui a confiance en eux, tu sais. De sortir, encore là, de cette logique-là, que je dois performer pour garder mon droit d'être un bon citoyen ou une bonne citoyenne. C'est sûr que ça, c'était très présent. L'analogie du jogging, l'épisode 2, je voulais illustrer ça. Au niveau de la participation, c'était un de mes objectifs. Je voulais que les gens retiennent que c'est ça. pas juste travailler, pouvoir donner à la société. Même si c'est une façon de faire, c'est bien correct aussi de travailler puis contribuer comme ça, c'est bien correct aussi. [00:35:55] Speaker E: Oui, je pense que c'est Karl Marx qui disait ça, on est de notre capacité de travail. [00:36:00] Speaker A: Oui, oui, on pourrait aller dans l'artiste. Il y en a qui aimeraient ça. [00:36:05] Speaker E: Toi Sophie, qu'est-ce que tu aimerais que les gens retiennent de ce balado-là? [00:36:10] Speaker C: Je rejoins beaucoup ce que Jean-François a dit. Évidemment, de démontrer un peu l'impact que ce genre de ressources-là a dans la vie des gens, de montrer... Tu sais, comme organisme communautaire, on doit souvent se battre pour se faire reconnaître puis montrer qu'on a une valeur puis que ça sert à quelque chose, autre que... On est habitué de... mettons, comme le CIUSSS, ils n'ont pas à travailler leur réputation pour montrer que ça sert à quelque chose. Mais nous, au contraire, on a souvent à se battre pour montrer comment chaque centime de dollars qu'on reçoit vaut quelque chose. Fait qu'il faut prouver quelque chose, on dirait, plus que dans les grosses boîtes. Fait que ça, c'est important de faire rayonner le travail que le communautaire fait. Parce que c'est utile, puis sans le communautaire, il y aurait sûrement encore plus d'enjeux dans notre société. Puis, ultimement, de défaire un à un les préjugés, de voir que les gens, comment ils rayonnent quand on leur donne la chance, l'opportunité de le faire. Ça, pour moi, c'était vraiment important. Ils ont plein de force, puis ils ont la capacité de travailler puis de contribuer à leur communauté. Puis ça, pour moi, c'était vraiment important que ça transparaisse. Super. [00:37:35] Speaker E: Bien, merci Sophie. Merci Jean-François. [00:37:37] Speaker C: Merci. [00:37:38] Speaker E: On s'en va écouter l'épisode, le dernier épisode, épisode 4, reconnaître de la série Balado Documentaire, appartenir le pouvoir de la participation. Donc, on va écouter ça. [00:38:03] Speaker C: Dans n'importe quel milieu, on peut travailler de façon égalitaire. Puis la gestion participative, comment inclure les gens? Je pense que n'importe qui peut faire ça dans leur milieu. Ça ne prend pas tant d'affaires que ça. Mais je trouvais que c'était une belle idée. [00:38:18] Speaker A: Salut Charlie, je suis après prendre des notes en écoutant le matériel qu'on a enregistré. En voyant tout ça, je me disais qu'on avait pas mal tout ce qu'il faut pour vraiment dresser un portrait général. On a beaucoup de choses, mais je pense que ce qui manquerait, j'ai l'impression, c'est... Je pense que ce sera encore de creuser les défis. En écoutant un extrait de Sophie, je me disais aussi que ce serait important de parler de comment on peut concrètement instaurer la gestion participative dans un organisme. C'est un peu... pas nécessairement une marche à suivre, mais des conseils, quelque chose comme ça. [00:38:55] Speaker D: Et dernière chose, si je checke mes [00:38:57] Speaker A: notes, Oui, c'est ça que je me disais. [00:39:00] Speaker D: On a beaucoup parlé un petit peu [00:39:01] Speaker A: de la dynamique de la gestion participative, un peu comment ça se passe et tout ça. Mais ironiquement, on n'a pas encore été enregistré une réunion en gestion participative. Je pense que ce serait important parce que peut-être qu'on verrait des choses là-dedans. que je ne sais pas, qu'on ne voit pas dans la théorie ou qu'on ne voit pas, qu'on ne peut pas entendre quand quelqu'un nous l'explique. Je ne sais pas si tu pourrais peut-être contacter Sophie ou l'accorder pour voir peut-être si on ne pouvait pas aller observer ça, observer en enregistrant. Donc, tu me diras si c'est une bonne idée. [00:39:35] Speaker D: Vous écoutez Appartenir, un balado documentaire sur les bienfaits de participer et de faire partie d'une communauté qui nous accueille tel qu'on est. [00:39:52] Speaker A: C'est quand même le fun de faire ces allers-retours-là, Sherbrooke-Richemont. La 55, ce n'est pas la route la plus laide, quand même, avec les arbres et tout. [00:40:01] Speaker D: Vous l'avez peut-être deviné, on retournait encore au rivage. [00:40:05] Speaker C: C'est d'arriver à une vision comme collective. [00:40:09] Speaker D: Charlie avait contacté Sophie et les membres avaient accepté qu'on observe et qu'on enregistre [00:40:13] Speaker A: une réunion du comité Vie associative. Je pense que c'est un bon choix de choisir ce comité-là à observer, parce qu'il y a sûrement beaucoup de choses différentes qui se discutent là-bas, diverses activités, divers débats. Voilà, bon ben… [00:40:31] Speaker C: Marchons! [00:40:32] Speaker A: Retour au rivage, finalement, après la fin des rénovations. [00:40:37] Speaker F: Bien, c'est pas la fin des rénovations, en fait. [00:40:39] Speaker C: C'est pas du tout fini, moi. [00:40:40] Speaker A: Ah, ou la période bruyante des rénovations. [00:40:43] Speaker F: Ouais, il devrait pas avoir trop de bruit aujourd'hui, là. [00:40:46] Speaker C: J'espère que... Tu vas voir, ça a changé. [00:40:50] Speaker A: Ça a changé, fait que là, on monte plus par les escaliers, là, sur le côté. Non, c'est non, rendu... [00:40:54] Speaker G: C'est plus là, ça. [00:40:55] Speaker A: C'est un autre escalier, là. [00:40:57] Speaker F: Bien oui, là, il est pas... [00:40:59] Speaker C: Il est pas terminé. [00:41:01] Speaker A: Ouais. [00:41:01] Speaker C: Quand tu peux t'en douter. [00:41:03] Speaker A: Ah ok, fait qu'on arrive direct ici. Fait que c'est vraiment des grosses rénovations. [00:41:07] Speaker F: Ouais, pis c'est pas fini, cette salle-là aussi, elle va être toute rénovée, je pense. Là, t'as le bureau. [00:41:14] Speaker C: Le bureau est rendu ici. [00:41:16] Speaker A: Ah, c'est rendu ici. [00:41:17] Speaker H: Bonjour, bonjour! [00:41:18] Speaker D: Les modifications embellissaient clairement le lieu, mais Charlie m'avait dit en chemin que tous ces changements-là avaient été discutés en groupe pendant très longtemps et que le processus avait pas été si évident. [00:41:29] Speaker F: La toilette est rendue là. [00:41:31] Speaker H: Ok. [00:41:33] Speaker A: Je pensais pas que c'était des grosses comme elles-mêmes. [00:41:35] Speaker C: Ah! [00:41:35] Speaker F: Il y a une douche! [00:41:36] Speaker A: Il y a une douche! [00:41:37] Speaker I: Oh! [00:41:37] Speaker G: Il y a une douche! [00:41:38] Speaker F: Allô! [00:41:38] Speaker A: Salut! Ça va? Bonjour! [00:41:42] Speaker C: Ça va? [00:41:42] Speaker D: Deux personnes étaient déjà présentes, Vicky et Tim. Ils étaient souvent là et je commençais à m'attacher à eux. [00:41:51] Speaker A: Salut, toi, ça va? [00:41:51] Speaker B: Oui. [00:41:52] Speaker D: Yes. [00:41:53] Speaker A: On va... J'essaie d'imaginer la meilleure disposition... [00:42:01] Speaker D: On a pris du temps à s'installer et pendant que je déplaçais des chaises, je constatais que même après 15 minutes, il y avait encore juste Tim, Vicky et une autre personne comme membre. Ça m'amenait à me questionner. [00:42:12] Speaker A: Savez-vous combien vous allez être à peu près à matin? [00:42:15] Speaker F: Oh boy! C'est une surprise à chaque fois. [00:42:19] Speaker D: J'aimais bien le détachement de Vicky. On dirait qu'elle ne voyait pas le fait qu'ils étaient juste trois membres comme un échec. Mais de mon côté, je dois avouer que je m'attendais à plus de monde. [00:42:29] Speaker F: Ça va être un petit CVA, mais ça va le faire paraître. Est-ce qu'il y a quelqu'un d'entre vous qui serait capable de ramener ce qui s'est fait au comité AGA hier après-midi? [00:42:41] Speaker D: Elle a débuté la rencontre en posant une question, donc en donnant immédiatement la place aux membres. Je portais une attention particulière à comment elle animait la réunion. [00:42:49] Speaker F: Je suis encore en réflexion, peut-être que vous allez pouvoir m'aider. [00:42:52] Speaker D: Après quelques échanges, elle a continué en consultant les personnes à propos de ce qu'elle avait inscrit dans le rapport annuel de l'organisme. L'année avait été remplie, comme on dit. [00:43:01] Speaker F: Il y a l'open mic, l'épluchette, les dîners communautaires, comme toujours, c'est quelque chose qui est très présent. Les pauses musicales de Paul, les ateliers littéraires de Julie, les ateliers réflexifs de Stéphane, les marches, la création de cosmétiques. Puis là, il reste à trouver une photo pour les dîners sur le fleuve qu'on a eus. [00:43:22] Speaker D: J'aimais la façon qu'elle nommait certains événements. Elle associait plusieurs activités à une personne. Sûrement que le tout était organisé collectivement, mais elle voyait bon de souligner que certains projets étaient le résultat d'une initiative d'une ou d'un membre. C'était une excellente marque de reconnaissance. Et elle a donné des commentaires de ce type-là tout au long de la réunion. [00:43:43] Speaker F: Stéphane a fait un travail de moine, merci beaucoup. [00:43:46] Speaker D: La rencontre était bien remplie. Après un temps, elle a demandé aux membres quelles photos le groupe devait choisir pour illustrer les nombreuses oeuvres artistiques qui avaient été réalisées au sujet de la gestion participative. [00:43:58] Speaker F: Je mets quoi? Mettons, on pourrait en mettre peut-être... Je pourrais faire un montage, mettons, de trois ou quatre photos. [00:44:04] Speaker C: Ouais. [00:44:05] Speaker F: Ouais? [00:44:06] Speaker D: Ouais. [00:44:07] Speaker F: Fait que OK. Fait que je vais travailler là-dessus. [00:44:11] Speaker D: Natasha demandait l'avis des membres, et jusqu'à maintenant, ils étaient souvent d'accord. Il n'y avait pas de grand débat pour l'instant, mais je sentais qu'elle était ouverte. On était tombés sur un comité vie associative assez tranquille, je pense, même s'il y avait beaucoup à discuter. [00:44:24] Speaker F: Au point d'information, il y a l'affaire de la famille. On a... C'est super le fun. Si vous voulez passer, nous donner un petit coup de main, ce serait vraiment bien. Il y a... [00:44:33] Speaker C: Il y avait Roger, Paul, mais il était supposé... Daniel avait dit peut-être aussi. [00:44:37] Speaker F: C'est ça. Mais t'sais, plus on est de fous, plus on rit. Puis nous, ils nous ont offert de faire le service de hot dog. Puis tous les profits vont aller au rivage. Ça fait que si ça vous dit de passer, J'aurais aimé ça y aller, mais peut-être qu'il vient, mais je ne [00:44:54] Speaker C: sais pas quand il va venir, à quelle heure. [00:44:55] Speaker F: C'est ça, je vais rester proche. [00:44:57] Speaker I: C'est bien correct. [00:44:57] Speaker F: Puis s'il vient de bonne heure, tu viendras nous dire allô. En fait, c'est l'idée que c'est qu'on passe un bon moment ensemble et qu'on partage. Si on peut partager les tâches, ce serait vraiment cool. Oui, mais c'est ça, je ne sais pas. Je verrai. [00:45:10] Speaker D: On sentait dans l'animation de Natacha qu'elle invitait les personnes à participer, mais en même temps, sans forcer les choses. Au milieu de la rencontre, elle a fait une suggestion. [00:45:18] Speaker F: Il serait possible pour Noël, on ferait des cartes de Noël, puis on les met en vente au profit du rivage. Mettons qu'on lance l'idée comme ça, vous en pensez quoi? [00:45:36] Speaker A: C'est mon opinion, mais je dois dire [00:45:37] Speaker D: que les silences après les propositions étaient un peu longs. [00:45:40] Speaker A: Ce que je vous montre est seulement [00:45:41] Speaker D: un extrait, il y a eu quelques petites questions, c'est sûr, mais en moyenne, c'était assez silencieux. [00:45:46] Speaker A: Je comprenais mieux pourquoi j'entendais les intervenants [00:45:48] Speaker D: et les intervenantes affirmer que c'était pas toujours facile la gestion participative. C'était possible de recommander une activité qui nous emballait beaucoup et de recevoir un accueil plutôt métigé. Natasha avait l'habitude, évidemment, parce qu'elle semblait pas déstabilisée du tout. [00:46:03] Speaker F: En dehors de ça, c'est tranquille. Est-ce que vous voulez... [00:46:07] Speaker D: La rencontre a continué avec une suggestion d'un membre d'aller à la plage. [00:46:11] Speaker F: C'est une bonne idée? Est-ce que vous avez une idée de comment vous allez organiser ça? [00:46:20] Speaker D: La première question de Natacha avait pour but de déterminer si les membres voulaient organiser l'activité. Elle souhaitait préciser ça parce que, dans l'esprit de la gestion participative, ce n'était pas aux employés de tout faire. Elle laissait toutes les opportunités de s'impliquer ouvertes. Mais encore là, c'était silencieux. Pour stimuler les troupes, je pense, elle a donc pris le soin de communiquer d'autres informations. [00:46:40] Speaker F: Il va falloir appeler à la plage pour savoir comment ça coûte. Il va falloir savoir quel jour ils sont ouverts. Parce que des fois, ils ne sont pas ouverts. [00:46:49] Speaker D: Malgré ces précisions, elle n'avait pas vraiment plus de réponses. Sauf quelques interventions venant surtout de Sophie et pas des membres. [00:46:58] Speaker F: À la date, il n'y a pas personne qui va appeler là-bas. Qui va appeler pour s'informer des prix, s'il y a des lunchs. [00:47:11] Speaker D: La plage n'était peut-être pas l'idée préférée. Mais d'un autre côté, il ne fallait pas oublier que les individus autour de la table étaient peu nombreux. Je ne pense pas qu'on pouvait statuer que ceux et celles qui participaient au comité ce matin-là représentaient l'intérêt de tous les membres. Et Natacha était au courant de ce détail parce qu'elle a fait une proposition. [00:47:28] Speaker F: Moi, je peux faire un avis de recherche pour voir s'il y a quelqu'un qui est intéressé de faire les appels et de s'informer des conditions d'utilisation des plages. [00:47:35] Speaker D: On voyait qu'elle s'engageait à effectuer certaines actions et qu'elle informait les membres des tâches à faire. [00:47:41] Speaker F: Ok, je vais essayer de trouver quelqu'un pour ça. [00:47:44] Speaker D: Elles ne souhaitaient pas agir à leur place, mais en même temps, je voyais qu'elles voulaient donner une chance à l'activité pour honorer l'intérêt des personnes qui n'étaient pas présentes à la rencontre. Elles ne s'étaient pas laissées décourager. Et c'était la même chose pour les autres aussi. On sentait l'expérience. Quelques jours après notre visite à Richemont, ce qu'on avait observé me tournait encore dans la tête, et je me suis rappelé que Sylvain nous avait dit de quoi de vraiment intéressant par rapport à la motivation des gens. J'étais impatient de le réécouter, mais je ne me souvenais plus à quel moment son entrevue avait affirmé ça. J'ai donc téléchargé notre échange sur mon cellulaire et je l'ai fait jouer dans mes écouteurs en faisant la vaisselle. Ben oui, ça m'arrive de faire ça. Après quelques assiettes, j'ai entendu le bout que je cherchais où Sylvain nous avait partagé ce qu'il avait compris en quittant son poste de responsable du rivage pour travailler dans un regroupement d'organismes en santé mentale. Ce qui était différent, c'est qu'il collaborait presque uniquement avec des employés. [00:48:58] Speaker B: Des fois, on transporte avec nous des oppressions qu'on ne souhaiterait pas. En changeant de job, puis en ayant un conseil d'administration professionnel, je me disais que ça irait mieux. De façon inconsciente, j'étais en train d'utiliser du sadnisme, puis de faire porter aux gens de mon ancien conseil d'administration, qui n'était composé que de personnes qui vivaient des problématiques de santé mentale, comme étant moins compétents parce qu'ils ont un problème de santé mentale. Fait qu'encore moi, Je crois en la gestion participative et je porte encore du sanisme en moi. Puis ça, ça nuit à la gestion participative. [00:49:33] Speaker D: Sylvain nous avait déjà parlé de sanisme. Mais j'avoue qu'entendre son histoire faisait du sens parce qu'après une réunion tranquille comme qu'on avait vécu au rivage, peut-être que certaines personnes pourraient se dire que les longs silences étaient une conséquence des enjeux de santé mentale des gens. Mais c'était-tu vraiment pour ça? Et est-ce que ça aurait été différent avec des individus soi-disant en pleine forme? [00:49:56] Speaker B: Ce n'est pas plus facile. C'est le même exercice, s'inscrire dans des processus de décision collective. Ce n'est pas simple pour... Mais moi, je n'ai pas de problème de santé mentale encore connu. Mais ça ne me tente pas toujours, à tous les jours non plus, de prendre des décisions, réfléchir à une situation collective. Ce n'est pas lié au fait qu'on a un problème de santé mentale. C'est lié au fait que, comme citoyen, des fois, on a le goût de faire autre chose que réfléchir. aux conséquences possibles d'une décision collective, ça peut être lourd quand même à porter pour n'importe qui. Fait qu'il ne faut pas tout le temps au rivage, il ne fallait pas toujours emmener le problème de mobilisation, par exemple, au fait que les gens aient un problème de santé mentale. Non, c'est juste chiant à prendre des décisions collectives. C'est long, c'est ardu. [00:50:48] Speaker D: J'étais bien d'accord avec lui. S'impliquer collectivement, ce n'était pas toujours une partie de plaisir. Et en plus, je me disais aussi que participer à un comité d'une organisation qui a près d'une centaine de membres, c'était pas mal plus engageant qu'être bénévole à placer des chaises dans une salle. Fallait décider, faire des choix, analyser, considérer le groupe et gérer souvent des fonds. C'était pas un petit geste, donc c'est normal peut-être que le comité soit pas aussi populaire qu'un dîner communautaire ou un atelier d'écriture. Sylvain voyait aussi bon de souligner un autre détail. [00:51:20] Speaker B: tous les enjeux qu'on a à vivre juste pour survivre aujourd'hui, se nourrir, se trouver un toit, trouver assez d'argent pour répondre à nos propres moyens de base. Après ça, on nous demande de participer à des décisions collectives. On s'entend que c'est une charge de plus, là, juste dans la mobilisation. Fait qu'on a des problèmes de santé mentale ou pas, pour moi, ça n'a pas rapport, mais souvent, on a le prétexte de «bien, ils ne peuvent pas». Ils ont d'autres préoccupations dans la vie. Comme tout le monde, là, on a [00:51:46] Speaker F: tous d'autres Puis au bout du compte, [00:51:48] Speaker C: ça va être aux individus de choisir s'ils ont envie ou pas de s'impliquer. [00:51:52] Speaker B: Bien, tout à fait. Puis ça, je trouve que c'est la beauté du modèle de gestion participative au RIVAGE, c'est que c'est pas obligé à la participation, mais le favoriser, il y a quand même des éléments. [00:52:01] Speaker D: Se lever et sortir de chez soi pour aller à un comité gratuitement dans les temps aussi économiquement difficiles qu'on vit aujourd'hui, il faut le souligner. C'était un geste avec une forte gravité. On dirait que cette prise de conscience changeait mon interprétation du nombre de personnes qui étaient présentes au comité. Quatre volontaires, dans le contexte, c'était peut-être finalement beaucoup. Je dois aussi préciser que quelques jours avant le comité qu'on avait observé, le groupe avait vécu un événement très difficile, le décès d'une membre. C'est sûr que ça a affecté la motivation et les émotions des gens. L'état du groupe était peut-être pas optimal, mais j'appellerais vraiment pas ça un problème de santé mentale. C'est juste la vie ou une détresse passagère. Voir clairement à travers tous les pièges d'idées qu'on peut se faire au sujet de la santé mentale demandait du travail et du vécu. En sachant ça aujourd'hui, c'était plus facile pour moi de me pardonner tout ce que j'avais pu penser face à ma mère. et ça me permettait aussi de mieux comprendre les jugements de ma famille. C'est facile de blâmer les personnes d'avoir des préjugés parce qu'à mon avis, on oublie souvent qu'ils sont associés à des réalités complexes à ces aînés. Avec le recul, je me rends aussi compte que dans tout ce qui a été discuté dans le comité, le moment où les membres étaient les plus mobilisés était quand il était question d'organiser une activité pour commémorer celles qu'ils avaient perdues. Pendant cette période-là, je me souviens qu'il n'y avait presque aucun silence. Tout le monde souhaitait participer et s'impliquer. La solidarité face à un événement difficile, ça semblait sacré. C'est fou comment participer à une petite rencontre pouvait faire naître des réflexions. J'aimais tout ce que ça soulevait, et chanceux comme qu'on était, on avait également eu l'occasion d'assister à un comité des membres de l'Accordé. [00:54:04] Speaker A: Un autre visite à l'Accordé aujourd'hui? [00:54:09] Speaker C: Ben oui! On s'en vient de devenir membres de l'Accordé. [00:54:15] Speaker A: Quasiment, c'est ça. [00:54:18] Speaker F: C'est-tu bon? [00:54:20] Speaker A: La porte a comme reculé. Allô, allô? [00:54:24] Speaker F: Il y a quelqu'un? [00:54:25] Speaker A: Il y a quelqu'un? [00:54:27] Speaker D: On est entrés dans la grande salle à manger et je pense qu'il y avait une dizaine de personnes. Test, test, test, test. Le temps que je plogue tous mes micros, Charlie était déjà parti à la rencontre du groupe. [00:54:43] Speaker C: Non. En fait, quand j'ai été mise en charge du projet, c'était vraiment comme faire une boîte à outils. [00:54:51] Speaker D: Après plusieurs bonnes conversations, Maude, la coordonnatrice de la vie associative, a démarré la rencontre. [00:54:59] Speaker I: On va commencer par un retour sur la prog en ligne. Là, moi, je veux savoir qui a été la voir. [00:55:08] Speaker D: Comme Natacha, elle animait de manière à donner aux membres des opportunités de s'exprimer. Elle posait des questions sur la programmation que l'organisme affichait sur son site Web. [00:55:17] Speaker C: Qu'est-ce que j'aime, là, mettons, il y [00:55:18] Speaker G: a des activités dans l'après-midi, c'est pas [00:55:21] Speaker F: marqué, mais quand tu cliques, tu vois les autres activités. Je trouve ça vraiment bien, franchement, là. [00:55:27] Speaker D: Les personnes avaient surtout des commentaires positifs. Mais Maude voulait plus d'informations. [00:55:32] Speaker I: Là, j'ai aussi vu qu'il y a des gens qui ne l'utilisent pas. C'est-tu parce que vous êtes moins familier avec la technologie? [00:55:38] Speaker F: Ben moi, c'est ça, il y a [00:55:39] Speaker C: les commentaires «Ah, moi pis la techno, [00:55:41] Speaker G: je sais pas trop.» Mais faut pas avoir peur, moi. [00:55:45] Speaker D: Les membres exprimaient clairement ce qui pouvait moins bien fonctionner. Mais ils allaient aussi plus loin. [00:55:51] Speaker C: Je vais apporter une affiche. [00:55:53] Speaker D: C'est une offre de services pour aider, pour aller sur la programmation en ligne, comment naviguer. Devant le problème que la membre avait identifié, Sylvain, je pense, offrait son aide. On constatait que les personnes avaient envie de s'impliquer. [00:56:10] Speaker F: J'ai beaucoup d'idées pour l'accordé, puis je veux exploiter mon talent. Puis en faisant ça, je veux aider l'accordé à prendre la place dans la communauté. [00:56:24] Speaker D: Je pense qu'elle avait envie de contribuer parce qu'elle se reconnaissait dans l'organisme. Après tout, la dernière fois, elle disait que l'accordé était sa place et sa maison. Plus le sentiment d'appartenance est important, d'après moi, plus les gens ont le goût de s'engager. Le comité de communication s'était déroulé sans trop d'accroche. L'ambiance était bonne et on sentait chez Maud la même expérience que chez Natacha. Après une courte pause, Jacob a pris le relais pour discuter d'un autre sujet. [00:56:59] Speaker E: on voulait parler cantine. Le constat est que la cantine en ce moment fait un léger surplus. Fait que là, je me demandais, est-ce [00:57:09] Speaker A: que vous auriez des idées de quelque [00:57:11] Speaker E: chose qu'on pourrait faire pour bonifier la cantine, d'un achat qui rendrait la cantine... [00:57:16] Speaker D: La cantine était une petite boutique située dans l'organisme où les gens pouvaient acheter de la nourriture. Jacob voulait avoir l'avis des membres et disons que ça a très bien fonctionné. Vous pourriez vendre des petites affaires curées, [00:57:30] Speaker C: si quelqu'un veut un café juste pour dépanner. [00:57:33] Speaker F: Je mettrais une espèce de structure, tu [00:57:38] Speaker C: sais, mettons, comme une distributrice à nourriture. Tu sais, comme un aspect cool, Pinterest, comme... Il y a une personne qui a dit qu'elle voulait avoir du 7-Up Diète. [00:57:53] Speaker F: On pourrait faire des corées de récrispi. [00:57:57] Speaker I: Les gens [00:58:10] Speaker D: étaient motivés et on sentait que le groupe était uni. Les personnes ne faisaient pas juste suggérer des idées. Ils réfléchissaient sur ce qui était avancé. [00:58:19] Speaker F: Avec la cloche, on pourrait avoir un écriteau. Quelque chose de drôle, là. Bonne journée. [00:58:25] Speaker C: Un petit café avec ça? Oui. [00:58:28] Speaker G: Vous êtes efficaces. [00:58:31] Speaker C: Je vous trouve cool. [00:58:35] Speaker E: Sur ça, je veux que tu m'envoies cet extrait-là. [00:58:37] Speaker A: Il y a bien des chances que ça soit là. [00:58:41] Speaker D: Charlie était pas mal impressionné. Je dois dire, par contre, que le commentaire de Jacob laissait un indice subtil que les échanges étaient peut-être pas toujours aussi simples. On était tombés sur une bonne journée, je pense. Mais évidemment, c'était pas parfait. [00:58:58] Speaker C: Il m'a dit corrément non. C'est pas notre aide. Je préfère acheter comme tu m'as acheté. Dans ma tête, ça fait «Oh, je suis mieux de rien dire parce que je vais être impolie». [00:59:12] Speaker F: Moi, je dis là-dedans qu'il faudrait que [00:59:14] Speaker G: notre amie soit ouverte à nos suggestions parce que des fois, j'ai vu beaucoup de... [00:59:21] Speaker D: Ce que cette femme décrivait pouvait être, à mon avis, un frein important à la gestion participative. Je ne connais pas toute la complexité de la situation, mais un membre qui veut tout faire, ça peut être démobilisant pour les autres. Un peu plus tard, un membre qui s'appelle Sylvain a partagé un fait qui a provoqué une discussion intéressante. C'était à propos de la mijoterie, un comité qui, comme je le disais, prépare des repas pour les membres. J'ai aimé que justement, quand vous dîniez, [00:59:49] Speaker E: qu'un intervenant dit «Qui m'aide pour aller [00:59:53] Speaker C: servir les gâteaux?» Puis on s'est levé bénévolement pour y aller l'aider. [01:00:00] Speaker D: De ce que je comprenais, c'est que les personnes s'étaient mobilisées à aider le comité après la demande d'un intervenant. Selon Sylvain, c'était positif, mais une femme avait un autre avis. [01:00:09] Speaker C: Moi, j'aimerais ça qu'on comprenne que nous, on se décide. Moi, je fais la vaisselle. Moi, je fais le service. C'est ça qu'on est supposé de faire. Pas que l'intervenant nous dit «Ah, mais là, excuse, faut que tu fasses ça». On n'est pas des enfants. Je n'ai pas connu l'âme éternelle, mais il y a des fois, je me sens comme à l'âme éternelle ou aux primaires. Tu sais, quand les intervenants nous disent de quoi, c'est comme si mon prof me dit de faire de quoi. C'est peut-être moi, là. Il est comme ça. [01:00:42] Speaker D: Ce que cette membre soulevait était un exemple très intéressant de ce qu'une trop grande implication des intervenants pouvait avoir comme impact négatif. C'était pas nécessairement le cas à l'accordé, mais si tout était géré par les intervenants, il y avait un risque, effectivement, que les membres se sentent infantilisés. Ça pouvait être frustrant. [01:00:58] Speaker I: Je dirais encore une bonne main d'applaudissement à tous ceux qui s'investissent dans la mijo. [01:01:09] Speaker D: La réunion s'est terminée quelques minutes plus tard et Charlie et moi étions très satisfaits. On avait de plus en plus de matériel, mais je savais que des nuances nous échappaient encore. Après quelques rencontres, on a donc décidé de tenir une discussion de groupe avec des employés et des membres de plusieurs organisations qui sont, en quelque sorte, des spécialistes de la gestion participative. On a commencé à organiser tout ça et quelques jours plus tard, Charlie m'a laissé un message. [01:01:41] Speaker C: Allô JF, j'espère que tu vas bien. Je voulais juste te dire que j'ai trouvé une date pour notre discussion de [01:01:47] Speaker G: table ronde, ça serait le 26 mai. [01:01:50] Speaker F: Donc, si c'est possible pour toi, tu me diras. [01:01:53] Speaker C: Puis aussi, si jamais ça t'intéresse, puis c'est un petit peu loin, mais on pourrait peut-être aller voir l'organisme droit accès qui est à Gatineau avec lequel je suis en contact. Ça serait vraiment plus pour explorer qu'est-ce que la gestion participative peut apporter aux employés, pas nécessairement juste aux membres, mais vraiment comme aux employés. Puis en même temps, à Gatineau, il y a Catherine qui est une professeure en travail social pour la TELUC. Si t'aurais l'opportunité d'aller discuter avec Catherine sur le sujet, c'est vraiment intéressant. [01:02:36] Speaker D: L'invitation de Charlie était pertinente et j'ai dit oui, évidemment. Je me suis planifié un petit voyage à Gatineau, puis je dois dire qu'elle souhaitait que j'interviewe Catherine pour une autre raison. Depuis le début du projet, on avait enquêté sur la gestion participative en l'observant presque exclusivement dans les ressources alternatives en santé mentale. On avait choisi ce milieu parce que l'approche avait un effet très positif dans ces organisations-là. Ce qu'on avait constaté était révélateur, mais évidemment le terrain pour étudier le sujet était beaucoup plus large. Cette façon de gérer et d'impliquer les membres était appliquée ailleurs comme dans des centres de femmes, des organisations jeunesse et bien d'autres. Je suis arrivé à Gatineau tard en soirée, et le lendemain matin, j'étais presque aux portes de Droit Accès qui était situé encore une fois dans une petite maison. J'avais planifié ma journée pour dîner avec les employés et passer Catherine en entrevue dans les locaux de l'organisme tout de suite après. Je dois dire que Droit Accès est également une ressource en santé mentale. En fait, son mandat était spécifiquement de défendre les gens devant cette question-là. Ce n'était pas nécessairement un lieu qui tenait souvent des activités sociales comme au rivage, mais les membres de l'organisme étaient là bienvenus à tout moment pour s'impliquer. J'ai été bien accueilli. Je ne sais pas s'il y a quelqu'un. [01:04:12] Speaker C: Ah! – Allô, allô! [01:04:14] Speaker A: – Salut, Rebecca, c'est toi? [01:04:15] Speaker C: – Oui, oui, c'est moi. [01:04:16] Speaker A: Rentre, rentre. [01:04:16] Speaker F: Salut, ça va bien? [01:04:17] Speaker A: – Oui, très bien. Désolée, j'ai un petit retard. [01:04:20] Speaker D: Celle qui m'a ouvert la porte était Rebecca, la coordonnatrice de droit d'accès. [01:04:25] Speaker F: J'ai [01:04:45] Speaker D: discuté avec les personnes dans le couloir et on s'est ensuite assis à table. Le repas était prêt. Je pense qu'on était huit, et la presque totalité étaient des employés. [01:04:56] Speaker F: J'ai fait une décision statuaire, unilatérale. Zéro participation. [01:05:18] Speaker D: Si les gens faisaient des blagues sur la gestion participative, j'imagine que ça prouvait que c'était vraiment intégré dans le quotidien de l'organisme. Pendant que le groupe commençait à manger, j'ai posé quelques questions et une femme m'a expliqué comment travailler à droit accès était différent de ses derniers emplois. [01:05:36] Speaker F: Ça, c'était mon expérience, c'était le jour et la nuit. Je devais toujours me rapporter à ma DG. Peu importe ce que je faisais, que ce soit un post Facebook à commander le souper pour le CA, mettons. Ça devient lourd. Tu viens à penser que tu ne fais pas une bonne job et que tu as tout le temps besoin de supervision. Tandis que là, en gestion participative, je le sais que mon équipe me fait confiance, que ma cour d'eau me fait confiance. Puis que si on me demande de faire quelque chose parce qu'on sait que j'ai les compétences de le faire sans avoir besoin de toujours être derrière mon épaule à vérifier ce que je fais, j'ai l'impression d'être plus écoutée aussi. Puis que quand je parle, je n'ai pas l'impression que je vais toujours me faire dire non ou que je n'ai pas ma place à parler. J'ai mon moi à dire que mon opinion vaut quelque chose, tandis que ce n'est pas l'impression que j'avais avant. [01:06:21] Speaker D: cet employé fonctionnait clairement mieux dans une organisation qui lui donnait plus d'autonomie. Une autre femme, qui allait bientôt quitter l'organisme, appréciait aussi son expérience à droit accès comparativement à un emploi qu'elle avait occupé dans une radio. [01:06:33] Speaker F: je sens que mon passage a laissé quelque chose à droit accès, que les gens qui étaient là avaient vraiment envie de prendre ce que moi j'avais apporté, puis qu'une fois que je pars, j'ai l'impression qu'il y a ma trace qui reste un petit peu, parce que je n'avais aucunement l'impression qu'il est arrivé à la radio. J'étais là, puis je suis partie, puis c'était comme si je n'étais jamais passée. [01:06:52] Speaker D: Travailler dans une organisation en gestion participative donnait le sentiment aux employés qu'ils faisaient une différence. Un autre travailleur, Simon, a pris la parole. Moi, je trouve que c'est extrêmement valorisant de travailler en gestion participative. Ça permet vraiment, je pense, d'avoir une certaine rétention aussi, parce que tu formes un peu l'emploi que tu veux avoir tant que ça respecte la mission, tant que ça concorde avec les valeurs d'ICA et des gens qu'on côtoie sur le terrain. Je dois dire que le thème de la liberté revenait souvent. Plutôt que tout cadrer, tout définir et tout surveiller, le mot d'ordre était de faire confiance que les gens feraient tout ce qu'ils pensent qu'il y a de mieux pour l'organisation. Simon avait un deuxième élément à souligner. «Ah, c'est difficile, je ne l'avais jamais vécu.» On rapporte ça, puis tout de suite, on se rallie ensemble, puis après ça, on se fait un genre de petit consensus, puis voici les démarches qui vont suivre après. C'est un exemple de comment ça peut teinter le quotidien. Ça permet de ne pas porter le poids d'une intervention sur ton dos aussi en tant que professionnel. Une réponse suivait l'autre, et ça paraissait que l'organisation fonctionnait depuis des années en gestion participative. Je trouve qu'une des places Pendant que Simon me partageait son vécu, Catherine, qu'on a invitée à nous rejoindre pour le dîner, est entrée. [01:08:09] Speaker F: Ça n'a pas pris de temps qu'elle [01:08:13] Speaker D: est intervenue dans la discussion. [01:08:15] Speaker G: On a fait un projet de recherche qui se questionnait justement sur les difficultés émotionnelles des travailleuses-travailleuses du milieu communautaire. On a observé un indicateur significatif au niveau des organismes qui utilisaient la gestion participative au niveau du burn-out. Donc, il y avait une réduction des risques de burn-out. [01:08:36] Speaker D: On a parlé pendant quelques minutes des retombées de la gestion participative, mais il y avait des défis aussi. [01:08:41] Speaker F: Souvent, on entend une belle grande famille, mais même dans les familles, il y a des discords, il faut se ramancher. C'est qu'on est obligé de régler nos choses. Puis non seulement on est obligé de les régler, mais on les règle en équipe. [01:08:55] Speaker D: Ici, il n'y a pas personne qui fait un burn-out, on le fait en équipe. [01:09:00] Speaker A: Il ne faut pas que ce soit tout le monde en même temps, idéalement. [01:09:04] Speaker C: Des fois, ça arrive. [01:09:07] Speaker D: En étant proches, les employés avaient la confiance nécessaire pour adresser les non-dits et c'était bon pour l'ambiance au bureau. Rebecca a continué. [01:09:15] Speaker F: Ce que je trouve le plus difficile au niveau de la coordination, c'est de s'assurer que dans toutes les communautés, il y a des gens qui se parlent pour ne pas que ça devienne. Au final, on fait ça et personne n'a été consulté. [01:09:29] Speaker D: En donnant plus d'autonomie aux employés, c'est vrai qu'il existait un risque que les gens travaillent en silo et que l'aspect collectif se dilue, si on veut. Mais Droits Accès avait un outil pour contrer ça. [01:09:39] Speaker F: On a une réunion d'équipe toutes les semaines. Puis notre réunion d'équipe est une demi-journée. Puis ça, on n'a pas le choix parce qu'effectivement, chaque personne a un volet où est-ce qu'elle est plutôt responsable d'un projet, puis on essaie que l'information se partage entre nous. [01:09:57] Speaker D: C'était bien de faire confiance, mais une certaine coordination était nécessaire, je pense. Et c'est là qu'une question que j'avais en tête depuis longtemps m'est revenue à l'esprit. [01:10:05] Speaker A: En quoi c'est important quand même, quand on est en gestion participative, de faire parler tout le monde, d'avoir peut-être une personne qui a un certain leadership? [01:10:15] Speaker G: Il y a une différence entre vouloir avoir du pouvoir et avoir du leadership. Je pense que le leadership, c'est important justement pour pouvoir déléguer, donner les droits de parole, orienter, parce que des fois, les énergies s'en vont un peu partout. Là, c'est assez de rassembler toutes ces énergies-là, les faire s'orienter dans une certaine direction. etc. d'avoir certaines de ces compétences-là. Donc oui, il y a certaines personnes qui, si elles n'ont pas ces caractéristiques-là, peuvent faire en sorte que l'organisme va être en difficulté. Ça fait que ça fait partie de la liste des compétences à avoir. [01:10:46] Speaker A: Oui, oui, ça fait ça. Je pense que c'est nécessaire aussi que ce projet n'ait juste une personne. Il peut en avoir aussi deux. Oui, il peut en avoir deux. [01:10:53] Speaker G: Mais c'est nécessaire qu'il y ait au moins une personne qui ait ce leadership-là. [01:10:59] Speaker D: Ce qu'elle disait révélait l'importance des personnes telles que Sophie, Maud, Jacob, Éric et Natasha dans des organismes en gestion participative. Elles n'agissaient pas comme des patrons, mais comme des travailleurs qui essayaient d'avoir une vue d'ensemble de tout ce qui se passait, j'ai l'impression. Après le dîner, je me suis installé rapidement pour faire l'entrevue avec Catherine, qui avait déjà été la présidente de Droit Accès. Ok, je passe ça. [01:11:26] Speaker A: Ok, ben, allô! Content qu'on puisse faire cette entrevue-là. [01:11:34] Speaker D: Je dois avouer que j'étais impatient de lui poser plusieurs questions. On a parlé et elle m'a confirmé des éléments que j'avais découverts depuis le début du projet. [01:11:42] Speaker G: Tu sais, je pense que ça a une dimension de réappropriation du pouvoir d'agir, en effet. [01:11:48] Speaker D: Après un temps, j'ai senti le besoin de lui demander quelque chose de bien simple. [01:11:53] Speaker A: J'aimerais ça que tu me définisses la gestion participative de ton mieux, en fait. [01:11:57] Speaker G: Tu sais, c'est large. Je pense qu'il n'y a pas une seule façon de faire de la gestion participative. Je pense que c'est plus une idée de... comme une valeur, finalement, qui implique de... on veut que tout le monde participe. On veut entendre, on veut collaborer, on veut essayer de rendre les relations les plus égalitaires possibles pour que ça reflète le groupe plutôt qu'un individu. Moi, c'est un peu comme ça que je le vois. [01:12:28] Speaker D: Tout ce qu'elle me partageait m'était familier. Et à un moment donné, elle m'a dit quelque chose que je n'avais pas entendu. [01:12:34] Speaker G: Je pense que ça fait un meilleur service aussi, t'sais, comme t'es plus empathique, t'es plus mobilisé, plus militant. L'interaction avec les membres va être, t'sais, je dirais, adéquate ou plus chaleureuse. La relation de confiance va être capable de se bâtir. Alors, ça va faire des interventions qui sont plus... mieux construites, puis vont avoir des meilleurs résultats. Ça, je pense que c'est un des avantages. qu'on peut dire au niveau micro, mais [01:13:03] Speaker D: aussi... Catherine manquait pas d'arguments et ça touchait toutes les facettes de l'organisation et des travailleurs. [01:13:09] Speaker G: Chaque fois que l'équipe change, il y a comme un petit mouvement, tu sais. Ah, il y a une nouvelle personne qui arrive avec un autre champ de compétences, d'autres idées, d'autres affaires. Oh, il y a un petit mouvement. Ah, moi, là, maintenant, ça va être plus ces compétences-là à moi qui sont mises en valeur parce que elle, tu [01:13:22] Speaker C: sais, poup, poup, poup. [01:13:24] Speaker G: Ou là, ah, bien là, on bougeait. On va bouger un peu sur les mandats. [01:13:26] Speaker C: On va bouger un petit peu sur... [01:13:28] Speaker G: Tu sais, donc, il y a toujours comme un ajustement qui se fait. [01:13:31] Speaker A: C'est comme un écosystème, notamment une nouvelle plante. [01:13:34] Speaker G: Oui, ça se recrée, ça rebouge. Ce n'est pas la couleur du directeur ou de la directrice, c'est la couleur de l'équipe et des membres. [01:13:44] Speaker A: Je pense que la moitié de mon [01:13:47] Speaker D: entrevue avec Catherine portait sur les bienfaits de la gestion participative. Mais c'était primordial de ne pas seulement parler de ça. Je voulais aussi savoir ce qui pouvait décourager les organisations à adopter cette gestion-là. [01:13:58] Speaker G: Il y a des gens qui sont confortables aussi dans certains modèles où ils ne veulent pas nécessairement partager le pouvoir. [01:14:10] Speaker D: C'était exact de spécifier que dans plusieurs cas, sans se l'avouer, beaucoup de dirigeants et de dirigeantes n'étaient peut-être pas prêts ou prêtes à déléguer plus de pouvoir. Souvent, l'argument que j'entendais, c'était qu'une gestion hiérarchique était plus efficiente. [01:14:23] Speaker G: on a tendance à vouloir dire que c'est comme ça que ça fonctionne, ailleurs, plus vite, plus rapide, plus efficace, parce que c'est une personne qui décide, on ne perd pas de temps, mais on ne perd peut-être pas de temps, mais est-ce qu'une seule personne qui décide, est-ce que cette personne-là, elle a toutes les compétences, toutes les qualifications, toutes les meilleures idées, toute la créativité du monde pour prendre cette décision-là, tandis que peut-être que si on avait six, sept personnes autour de la table, on aurait plus d'idées, plus de différentes perspectives, que la négociation, que la collaboration pourrait amener quelque chose d'encore plus intéressant, même si ça prend un peu plus de temps, puis que tout le monde sera engagé, donc peut-être que tout le monde ira un petit peu plus vite, tu sais, on ne sait pas, là. Encore une fois, c'était une bonne question à se poser. Je pense qu'il y a des gens qui ont des craintes que ça devienne un peu chaotique, puis qu'on soit pas capables de s'entendre. On n'a pas appris à tout le monde les aptitudes de communication. Alors des fois, il faut peut-être faire des formations sur comment apprendre la communication non violente, certaines compétences qui n'ont pas été nécessairement apprises par tout le monde, sur comment bien exprimer ce qu'on a à vivre. Alors oui, ça peut faire peur un peu, de se dire, wow, là, il faut que j'acquérisse certaines choses pour être capable de bien naviguer dans... dans cet univers-là où il faut que je me mouille, il faut que je dise, il faut que je communique, il faut que je mette de l'avant mon opinion. Je ne peux pas juste être passif. C'est se lancer un peu. [01:16:00] Speaker D: Jusqu'à maintenant, tous les défis dont Catherine me parlait étaient surtout en lien avec ce qui se passait à l'interne des organisations. Mais j'ose penser que, des fois, ce qui bloquait la gestion participative pouvait venir de l'extérieur, comme des hauts fonctionnaires ou du gouvernement. [01:16:14] Speaker G: Les contre-arguments, ça va toujours être les coûts. Il y a comme une réticence à nous dire que, ah oui, si on investit dans le collectif de travail, ça va... qui est peut-être de faire plus de réunions d'équipe, etc., ça va augmenter la productivité. Ils ont beaucoup de doutes quand on leur dit... a retiré finalement quatre heures par semaine de temps d'intervention direct avec les personnes, va accroître finalement la productivité des travailleurs. Là, eux autres, ça leur fait comme un contresens. C'est l'efficience, l'efficacité. Ça teint beaucoup comment on perçoit le fonctionnement et les attentes avec des cibles de gestion. Dans notre vocabulaire, on dirait qu'on a oublié tous les aspects citoyenneté, prévention, bien-être populationnel. c'est qu'ils deviennent comme, tu sais, second plan. [01:17:09] Speaker A: Ouais, on n'a pas le temps, là, mettons. [01:17:11] Speaker G: Ouais, on n'a pas le temps de faire ça, ça va coûter trop cher. [01:17:13] Speaker A: Ouais, c'est facile comme argument, quand même. [01:17:15] Speaker G: C'est promotion, cohésion sociale. [01:17:19] Speaker D: On dirait que pour plusieurs personnes, la gestion participative n'était pas très populaire. De ce que je comprenais, c'était comme si on l'apercevait comme un luxe qu'on ne pouvait plus s'offrir. Et cette réalité-là touchait le milieu communautaire, qui, selon Catharine, était historiquement le mouvement porteur de tout ce qui était ou ressemblait à la gestion participative. [01:17:37] Speaker G: Je pense que la majorité des organismes essayait de fonctionner de cette manière-là, mais pour toutes sortes de raisons. C'est devenu de plus en plus difficile, réédition de comptes, enveloppes budgétaires, restrictions budgétaires, etc., etc., programmes de financement. Alors, ça fait en sorte qu'il y a des tensions, des pressions sur les organismes communautaires qui ont fait en sorte que les organismes, peut-être, ont eu plus de difficultés à maintenir ce genre de... Tu sais, ça s'est perdu un peu. Alors, il y en a qui ont décidé de, tu sais, de faire comme, non, nous, on le maintient. Puis, je pense que c'est un modèle de gestion qui permet aux communautaires de briller. de vraiment répondre à ces valeurs d'implication citoyenne, de faire entendre la voix des personnes qui sont plus marginalisées, qui sont plus opprimées, donc de vraiment refléter ce qu'on veut que le communautaire soit. [01:18:29] Speaker D: Après mon voyage à Gatineau, je me déplaçais encore une fois à Lacordée pour participer à la discussion que Charlie organisait depuis des semaines. [01:18:38] Speaker F: J'ai comme acheté de la bouffe comme si on en avait 15. [01:18:41] Speaker A: Ouais, c'est souvent ça qu'on achète trop. [01:18:43] Speaker D: Les personnes qui avaient pu participer étaient Sophie et Maude, mais il y avait aussi Peter, que j'avais croisé à l'atelier d'écriture il y a quelques mois. Il avait travaillé au rivage et c'était en même temps un membre d'une ressource en santé mentale située à Cowandsville qui s'appelle le phare. Pour clore le sujet, on revenait donc dans l'univers des ressources alternatives. [01:19:07] Speaker A: On s'est installé [01:19:23] Speaker D: et j'ai tout de suite commencé la rencontre avec une question que j'avais en tête depuis longtemps. [01:19:27] Speaker A: Mettons, je suis un organisme en santé mentale et je ne suis pas en gestion participative. C'est quoi que vous me conseillez de ne pas faire, de faire, à quel rythme y aller, vraiment plus dans la méthode? [01:19:38] Speaker C: Je pense que ça prend énormément de discussion, de consulter les gens, de discuter avec eux, qu'on comprenne pourquoi on décide de faire ça. [01:19:46] Speaker D: Je saisissais qu'il ne fallait pas se lancer dans la gestion participative à l'aveuglette, et avec raison. [01:19:51] Speaker C: Il faut être conscient aussi de toute l'ampleur du travail qu'il y a en arrière, parce que si on pense qu'on va mettre ça dans notre milieu et que ça va être super facile, on se trompe complètement. Je pense qu'il faut que tu le fasses dans une optique de voir à quoi ça va, qu'est-ce que ça va rendre aux gens, qu'est-ce que ça va permettre aux gens. [01:20:11] Speaker D: Adopter cette façon de fonctionner demandait des efforts et ça amenait des déchirements des fois. Fallait faire attention. [01:20:17] Speaker C: Sophie [01:20:24] Speaker D: exprimait surtout ce qu'il fallait considérer et ce qu'on devait essayer d'éviter. Mais je voulais aussi que le groupe s'avance sur c'était quoi qui était nécessaire de respecter pour que ça fonctionne. [01:20:36] Speaker I: Il faut créer des espaces, mais il ne faut pas s'arrêter là, en fait, parce que oui, il y a des espaces formels où les décisions doivent être prises, mais ça se fait aussi dans l'informel, à travers les échanges, quand on est en groupe, quand on est en milieu de vie, on continue notre réflexion à l'individuel avec les gens, justement, aller chercher les bonnes personnes au bon moment, on apprend à les connaître, tout ça, puis on apprend à connaître leur force, on sait qui aller chercher. Puis, tu sais, c'est comme, pour de vrai, on travaille, tu sais, la gestion participative, on la travaille tout le temps dans notre milieu. [01:21:05] Speaker D: Depuis le début du documentaire, j'avais vu que tout se passait pas dans les rencontres formelles. La magie se produisait souvent dans les dîners communautaires, les déjeuners et les discussions de couloirs. C'était important que ça soit comme ça parce que c'était pas l'ensemble des membres qui étaient à l'aise de s'exprimer formellement. [01:21:20] Speaker C: Il ne faut jamais laisser quelqu'un derrière et on n'a pas tous le même niveau de compréhension. On peut finir par tout l'avoir dans le groupe, mais pas au même moment. Il faut prendre le temps. Qu'est-ce qu'on met en place pour se soutenir collectivement, comprendre, aller à la même place et avoir toute la possibilité de participer? Parce que ce n'est pas si facile non plus quand tu es dans le groupe et que tout le monde a l'air de bien comprendre. Là, tu es comme «mon Dieu». «Oui, oui, je comprends. Je l'ai vu un million de fois, mais les gens qui... «Oui, oui, j'ai compris.» Puis tu es comme «Ah non, il n'a pas compris, c'est clair.» Fait que tu sais, il faut être capable d'apprendre à connaître les gens. Il faut être capable de... Puis on a tous des cerveaux différents. Fait que si on ne part pas du principe que les gens ne comprennent pas tout de la même façon, on perd des gens en partant. Fait qu'on va exclure des gens. En tout cas. Mais ça, c'est un beau défi quand même. [01:22:10] Speaker D: En résumé, pour que ça marche, c'était une nécessité que le groupe trouve son rythme. Ça demandait sûrement énormément de patience. Et d'autres qualités aussi. [01:22:19] Speaker H: Il faut qu'il y ait de l'empathie. Les directeurs de ressources que j'ai rencontrés, ils sont pleins d'empathie. Ils comprennent par où on passe. Moi, je suis un dépressif, puis des fois, quand la dépression me prend, je suis incapable de faire quoi que ce soit. J'ai juste le goût de dormir, d'aller me taper dans un trou. Mais je fais l'effort de quitter mon isolement, d'aller au groupe. Puis là, dans le groupe, j'arrive à combattre ma maladie, j'arrive à l'oublier, puis à faire quelque chose de concret, agir, transformer la société. Puis c'est parce que ces gens-là étaient empathiques, puis ils laissaient la place aux gens, puis ils laissaient personne derrière. [01:23:01] Speaker D: Sophie, Maud et Peter manquaient pas de recommandations. Et ce qu'ils nous partageaient était rempli de nuances. [01:23:07] Speaker I: On essaie d'avoir le rapport le plus égalitaire possible avec les gens. Mais ce qui arrive, c'est juste le fait qu'on soit intervenants et qu'ils nous mettent déjà sur un piédestal. Des fois, j'attends le plus possible avant de nommer mon opinion parce que si je la nomme trop rapidement, beaucoup de gens vont se rallier autour de mon opinion et ce n'est pas ça que je veux. [01:23:27] Speaker H: Souvent, j'arrive à la ressource et puis je me suis mis des attentes dans la tête. Il y a quelque chose que je veux mettre de l'avant, puis je n'arrive pas à le mettre de l'avant parce que le groupe a décidé autrement. Mais le Hill, donc moi, ma petite demande, quand j'arrive au local, elle prend le siège arrière parce que je veux être avec tout le monde, puis on veut tous être ensemble à prendre cette décision-là. [01:23:52] Speaker D: La volonté du groupe devait passer en premier. Et quand un projet intéressait tout le monde, il fallait vérifier s'il était faisable et si les membres voulaient vraiment s'impliquer pour que ça se passe. Je pense que ça ne pouvait pas reposer sur les épaules d'un ou d'une employée. Sophie tenait à préciser ça en prenant pour exemple l'organisation des soirées micro-ouvertes. [01:24:09] Speaker C: Moi, j'étais là à placer les chaises, à descendre le drum, à monter le drum, à placer les... Puis là, je suis... Comment c'est que c'est moi qui... Tu sais, c'est pas parce que je veux pas le faire. [01:24:17] Speaker H: Si tu montes pas le drum, il y a quelqu'un d'autre qui va le faire. Puis s'il y a personne qui le fait, bien, il y a les conséquences qu'il y aura pas de drum. [01:24:24] Speaker C: Effectivement, tu as tout à fait raison, Peter, là-dessus. C'est juste qu'on dirait, mettons, les chaises ne sont pas montées, il n'y a rien de monté. [01:24:29] Speaker H: C'est déjà arrivé? [01:24:30] Speaker C: Il est 6h00, les gens arrivent, la communauté... Là, c'est parce que c'est comme plus lent. Dans un comité, ça n'a aucun impact sur le reste du monde, si on veut. Fait que là, on est là, il est 6h00, moins 5, mettons, il n'y a pas une chaise de montée. Le stress embarque aussi, puis tu es comme, bien là, tu sais, il y a une foule qui arrive, il y a des gens de partout dans le Val-Saint-François qui arrivent en Estrie. Qu'est-ce qu'on fait s'il n'y a rien de fait? Il y a une conséquence bien plus grande que juste nous, parce que là, tu penses à l'image, tu penses à... On a envie que les gens, ils se sentent accueillis. S'il n'y a pas une chaise de montée, l'accueil, elle va être peut-être la même. On veut faire vivre quelque chose de cool au rivage, puis là... [01:25:01] Speaker H: Mais ça fait partie du processus. Si la soirée est un flop, Les gens ne reviendront pas la prochaine fois. On vient d'apprendre quelque chose. [01:25:11] Speaker I: C'est parce qu'il faut regarder les conséquences. C'est comme, oui, je veux qu'ils apprennent, justement, mais s'il n'y a personne qui ne fait rien, il ne se passe rien. Mais en même temps, dans ce cas-là, c'est que les hommes se nous donnent. Là, moi, mes gens, ils vont vivre un gros échec versus ils voient que c'est hot. Ça va peut-être mobiliser les gens pour la prochaine fois. C'est une réflexion d'avoir. C'est quoi le geste que je dois poser pour justement faire mousser cette gestion-là? Est-ce qu'il faut qu'ils vivent leurs conséquences ou faut qu'ils vivent une réussite à ce moment-là? Dans une situation comme de l'autre, il faut guesser. [01:25:44] Speaker F: Mes petites chocolatines. [01:25:47] Speaker A: La discussion [01:25:58] Speaker D: était presque terminée, mais tout le monde sentait le besoin de prendre une pause. On a tous mangé, sauf moi, et quelques miettes plus tard, Charlie a posé une question plus personnelle. Elle voulait savoir ce que ça a apporté à tous ceux et celles autour de la table de travailler en gestion participative. Sophie s'est lancée. [01:26:15] Speaker C: Il y a tellement de remises en question souvent, il y a tellement de pleurs, de frustrations, d'incompréhensions des fois, de challenges. Qu'est-ce que j'ai pas fait assez? Qu'est-ce que je devrais faire plus? Mais je le vois que c'est beau, je le vois que ça apporte des choses, je le vois comment ça me faisait grandir comme travailleuse parce que ça amène ça aussi. Puis je pense que c'est tout ce qu'on crée quand on dit que c'est une deuxième famille, bien ça en est une pour nous aussi. Puis la relation d'égal à égal, elle apporte ça aussi. On a le droit d'être comme nous, comme personne. [01:26:45] Speaker I: Moi, je dirais, là, j'ai jamais grandi aussi rapidement qu'en travaillant ici. T'sais, autant que c'est rough, autant que c'est vraiment beau. [01:26:55] Speaker H: C'est vraiment une valeur sûre, puis inclusive, puis ça permet de grandir pour tout le monde. Fait qu'il faut pas lâcher la patate. [01:27:03] Speaker C: Faut pas lâcher la patate. [01:27:05] Speaker H: Lâche pas la patate. [01:27:06] Speaker A: C'est un beau mot de la fin, ça. On va finir avec ça. Voilà, [01:27:17] Speaker D: je vous ramène aux premiers sons que vous avez entendus du rivage. Ceux qui provenaient de la soirée micro-ouverte que je vous avais fait écouter au début du documentaire. [01:27:25] Speaker H: OK, vous-même, vous voulez faire les slams le plus tôt possible? [01:27:28] Speaker C: Oui, s'il est possible, s'il te plaît. [01:27:30] Speaker H: OK, vous allez commencer en premier, vous-même. C'est «slam night». [01:27:34] Speaker D: Ce que je ne vous avais pas dit à ce moment-là, c'est que la soirée était inspirée de l'atelier d'écriture qu'on avait organisé sur la gestion participative. On avait demandé aux personnes qui étaient présentes si elles voulaient lire leur texte, et plusieurs avaient accepté. [01:27:47] Speaker C: L'ambiance [01:27:52] Speaker D: était cordiale, et ça me rappelait les nombreux micros verts auxquels j'avais participé et qui m'avaient, à leur façon, aidé à me sortir d'une petite dépression. [01:28:01] Speaker H: C'est à distance? [01:28:06] Speaker D: Le spectacle a commencé et l'animateur était Peter. Celui qui avait prononcé, la dernière fois que je l'avais vu, la sage expression «lâche pas la patate». [01:28:16] Speaker H: C'est [01:28:21] Speaker D: vrai que sortir d'une période difficile implique d'éviter, d'abandonner, mais c'est pas nécessairement toujours une question de volonté, d'après moi. Qui sait, peut-être que la main qui tenait la patate dont Peter parlait était pas une personne. mais un groupe. C'est elle qui ne devait pas lâcher les individus. Je vous partage ça parce que dans tout ce que j'avais vécu la dernière année, ce que je retenais le plus des ressources alternatives et de la gestion participative, c'était qu'ils cherchaient surtout à éviter que les gens se retrouvent seuls, isolés, pas écoutés, jugés et surtout qu'ils pensent qu'ils ne servent à rien et qu'ils n'appartiennent à rien. Je m'avance encore, mais peut-être que la solution vers le bonheur n'était pas d'être un citoyen ou une citoyenne irréprochable. Il était peut-être dans des endroits où on ne dit quelque chose que plus de sens, comme «Viens-t'en, viens partager ce que t'es». [01:29:09] Speaker H: Merci. [01:29:11] Speaker D: Pendant cet envolé qui se passait en 30 secondes dans ma tête, Peter a invité toutes les personnes qui souhaitaient partager leur texte sur la gestion participative à monter sur scène. Les membres étaient là. La communauté était là. Charlie était là. Et j'étais là. [01:29:36] Speaker C: Le respect de soi-même, de ceux qui portent nos gènes. Le respect des autres autour de nous et ceux venus d'ailleurs. Le respect de ceux qui sont différents, car pareillement comme nous tous, ce sont des gens. Des gens équipés également avec des sentiments. Qui sait, le simple geste de sourire au suivant au lieu de le juger pourrait peut-être un jour tout changer. Ici, c'est plus que des comités, c'est des idées, des espaces créés pour la communauté. C'est s'asseoir ensemble avec un petit café pis jaser. On va du «je» au «nous» et [01:30:08] Speaker G: le «je» a le droit d'être soi. [01:30:11] Speaker D: Je rêve d'une place où est-ce que [01:30:13] Speaker A: tous les signes originaux, heureux ou pas, se tricotent ensemble pour faire un beau [01:30:17] Speaker D: gros tapis doux pour mes pieds. Et si ça va pas bien, j'veux pas du monde qui m'aide. J'veux du monde qui me dise «salut» pis qui me parle. [01:30:26] Speaker A: Je veux plus d'une orgie de réalisation, [01:30:28] Speaker D: d'une trolley de bravos pis du café à 50 piastres. Non, j'ai une maison avec des planchers qui craquent pis qui me servent du Maxwell House. [01:30:36] Speaker A: Tout ce que je veux, quand que [01:30:37] Speaker D: je coule, c'est un rivage. [01:30:40] Speaker A: Où est-ce que je peux m'échouer pis [01:30:41] Speaker D: me réussir avec confiance? [01:30:44] Speaker A: Voilà. Merci.

Other Episodes

Episode

April 13, 2026 00:55:56
Episode Cover

Épisode 2: Appartenir

« C’est une famille qu’on a choisie ». Charlie Vincent-Simoneau et Jean-François préparent un dîner pizza et animent un atelier d’écriture pour entendre les...

Listen

Episode

April 20, 2026 01:09:12
Episode Cover

Épisode 3 : Accueillir

« Notre job, c’est créer des espaces collectifs qui sauvent des vies ». Pourquoi l’implication sociale contribue-t-elle à améliorer la santé mentale ? Soucieux...

Listen

Episode

March 25, 2026 00:46:55
Episode Cover

Épisode 1 : Inclure

« Je me sentais acceptée ». Par une froide et venteuse journée d’hiver, Jean-François Vachon se rend à Richmond pour visiter les locaux du...

Listen