Episode Transcript
[00:00:00] Speaker A: Le balado que tu t'apprêtes à écouter, tu peux pas l'entendre ailleurs.
[00:00:06] Speaker B: Bonjour à tous, vous écoutez une programmation spéciale sur les ondes de CFAQ 88.3 où on écoute la série de balados documentaires Appartenir, le pouvoir de la participation.
Cette semaine, on est déjà à l'épisode 2. Le balado a pour but de mettre en lumière les organismes communautaires en santé mentale et surtout la gestion participative. En studio, j'ai encore une fois avec moi Jean-François Vachon qui est réalisateur et Il y a beaucoup d'autres chapeaux dans ce balado-là. Il y a aussi Sophie Brasset, responsable générale du rivage aussi, qui a été employée là pendant plusieurs années. Ça va bien?
[00:00:42] Speaker C: Oui, merci.
[00:00:43] Speaker B: Oui, bon. Pour s'assurer, s'il y a des gens qui n'ont pas écouté le premier épisode, peut-être juste redéfinir c'est quoi la gestion participative, puis aussi c'est quoi les ressources communautaires.
[00:00:55] Speaker C: Nous, on est un organisme communautaire alternative en santé mentale.
L'alternative, c'est de voir autrement les problématiques de santé mentale, de faire participer les gens au maximum dans la vie de l'organisation.
puis de prendre les gens, les membres de la ressource dans leur globalité, dans toutes leurs forces, dans ce qu'ils sont comme personnes, travailler à partir de leur intérêt. La gestion participative, c'est une façon d'inclure les gens dans tout ce qui est, dans les décisions, dans les réflexions, dans les grandes orientations de l'organisation. Fait qu'au niveau de tout ce qui est gestion de l'organisation, les gens sont inclus.
[00:01:43] Speaker B: Oui, c'est ça. Donc, c'est de faire gérer l'organisme un peu par les usagers, si on veut.
Dans cet épisode-là, vous allez assister à un repas communautaire.
Est-ce que vous pouvez nous parler un petit peu en quoi ça consiste un repas communautaire pour les gens qui n'ont jamais participé à ça?
[00:02:05] Speaker C: Au RIVAGE, ça fait des années maintenant qu'on a implanté cette activité-là. L'idée, c'est vraiment, en collaboration avec notre organisme CONSORT, qui sont dans la même bâtisse que nous, l'établi ENFOLI, une fois par mois, on offre un repas aux gens de la communauté. Mais ce repas-là est vraiment fait de façon collective. Donc, c'est des membres du rivage, c'est des gens de la communauté, c'est des membres d'établis qui vont cuisiner ensemble le repas.
Avec l'aide d'établis, puis les locaux du rivage, on sert ce repas-là à l'ensemble de la communauté.
Tout le monde sont invités. L'idée, c'est vraiment de créer une certaine mixité sociale, si on veut. On ne veut pas que ce soit que nos membres. On voulait vraiment ouvrir nos portes aux gens de la communauté pour défaire un peu les préjugés en lien avec la santé mentale, puis travailler le lien qu'on a avec la communauté.
[00:03:01] Speaker B: Oui, puis mettons, si on rentre plus dans les détails, les usagers du rivage, concrètement, quand c'est un repas, c'est quoi leur tâche?
[00:03:11] Speaker C: de décider qu'est-ce qu'on va manger, d'aller faire les commissions, de le cuisiner, de monter les tables, d'accueillir les gens, de faire la vaisselle, de ramasser par la suite.
[00:03:22] Speaker B: L'entièreté du repas.
L'entièreté. C'est aussi dans le deuxième épisode qu'un de mes moments préférés du balado, c'est une longue analogie sur la course à pied. Oui, c'est ça, j'apprends ça.
En fait, c'est toi qui l'as dit, mais tu dois savoir de quoi je parle.
Cette longue analogie, ça termine par quand on veut, on peut, mais souvent on veut, mais on ne peut pas.
Peux-tu décrire un peu, qu'est-ce que tu veux dire par là? Parce que je pense que ça résume quand même bien l'essence de la ressource.
[00:03:57] Speaker A: Oui, c'est ça. J'essaie toujours d'introduire les épisodes d'une façon originale, avec une analogie qui vient chercher tout le monde. C'est un peu l'enjeu de la société de performance. On vit dans une société où il faut performer tout le temps, où est-ce qu'on s'évalue selon nos succès, puis quand on a un échec, des fois on se sent coupable, on se sent mal, on a peur de perdre notre emploi, on a peur de ne pas réussir notre cours, tout ça. Puis on imagine la vie dans cette logique-là. C'est une logique un peu de la course, c'est un peu ça l'analogie.
Mais quand on sort de ça, c'est quoi qu'on fait? On ne se pose pas cette question-là. Il y a une autre vie, une autre façon, il y a une autre dynamique qui peut exister.
Puis je trouve qu'au rivage, dans les ressources alternatives, puis aussi dans l'implication sociale en général, on trouve, puis même dans l'entreprenariat, je dirais, on trouve une autre logique de vivre, c'est-à-dire de faire des projets, de mettre des gens ensemble, d'amener notre couleur, tu sais, c'est plus juste de performer, mais c'est d'amener sa couleur à ce qu'on fait.
Puis ça, je trouvais ça important de l'illustrer, puis ça l'annonce un peu ce qui s'en vient dans l'épisode, parce que c'est ça que je trouve qu'il y a au rivage, puis qu'il y a dans d'autres organismes similaires que je trouve beaux, puis c'est ça, on sort un peu cette logique-là qui est partout aujourd'hui. C'est ça, je trouve ça bien.
[00:05:16] Speaker B: Oui, c'est ça. Et en plus, ça met ta couleur au documentaire. Évidemment, on voit que tu es un homme de mots. C'est-tu au premier épisode que tu animais un atelier d'écriture?
[00:05:31] Speaker A: Oui, c'est dans celui-là, à la fin.
[00:05:33] Speaker B: Oui, c'est ça, celui-là. Je les ai tous écoutés très rapprochés.
[00:05:35] Speaker A: Oui, je comprends.
[00:05:37] Speaker B: Oui, peut-tu nous parler de ça, de cet atelier-là, comment ça s'est déroulé, comment ça t'est venu l'idée, c'était quoi la réception de tout ça?
[00:05:46] Speaker A: Oui, l'atelier, juste avant, je n'ai pas directement répondu à ta question, mais quand on veut, on peut. Je pense que c'est une frustration personnelle de bien des gens avec cette phrase-là.
Je pense que beaucoup de gens se font dire ça, tu sais, fais juste te forcer, ça va bien aller, ou lève-toi le matin, puis des fois, C'est ça, c'est fâchant parce que tout le monde veut réussir. Tout le monde veut gagner, entre guillemets. De source simplifiée, ça, c'est souvent un problème, c'est une source de préjugés, c'est une source de frustration chez tous ceux qui l'entendent dans toutes sortes de contextes. Donc, ceci étant dit...
[00:06:23] Speaker C: Quotidiennement, on voit au rivage des gens qu'ils ne peuvent pas avoir nécessairement un travail régulier, puis ils voudraient donc contribuer à leur communauté. Puis on le voit, tu as sûrement vu, Jean-François, à quel point les gens ont envie de participer puis de s'impliquer, puis de participer, de faire quelque chose de plus grand qu'eux.
mais ils n'ont pas l'opportunité souvent parce que pour plein de défis, ils ne peuvent pas... déjà la médication, ils ne peuvent pas se lever le matin très tôt, ils ne peuvent pas avoir... Un matin, ça va moins bien dû à une problématique de santé mentale qui fait qu'un matin, il va moins bien, il ne peut pas aller travailler. À force que ça arrive, ils finissent par ne pas pouvoir garder un job.
quotidiennement, je vois des gens qui viennent au rivage puis qui travaillent peut-être même plus fort que certains travailleurs, qui contribuent probablement plus à leur propre communauté qu'il y a bien des gens qui ont un travail dit, mettons, plus régulier. Puis ça, c'est beau de mettre ça en lumière. Puis c'est vrai que... c'est pas vrai que tout le monde a les moyens de pouvoir arriver à ce qui est demandé par la société.
[00:07:28] Speaker A: Des fois, c'est une question de structure aussi parce que le monde du travail entre guillemets fonctionne beaucoup 9 à 5, 5 jours semaine.
Mais il y a d'autres façons de contribuer en dehors de ce cadre-là que finalement, tu donnes plus d'heures quasiment ou en tout cas, tu te donnes plus que ce cadre-là.
C'est ça qui était beau aussi que je trouvais quand j'assistais aux dîners communautaires et d'autres contextes dans ma vie, c'est que les gens ne faisaient pas juste ça pour eux, pas juste pour avoir Parce que des fois, c'est difficile financièrement d'avoir de la nourriture pour eux, mais pour les autres, pour la communauté, il y a des gens, il y a une personne d'année que j'ai interviewée justement dans cet épisode-là qui dit que moi, dans le fond, je viens de perdre ma femme, puis là, je viens. S'il n'y avait pas ça, s'il n'y avait pas les membres du couvrage, puis s'il n'y avait pas Tablier en folie, cette personne-là serait chez elle, tout ça, dans l'isolement.
qui est un autre enjeu, des fois, qui est déclencheur d'enjeux de santé mentale.
Donc, je trouve ça important. Puis l'atelier d'écriture, c'est plusieurs choses. Moi, j'en ai donné beaucoup. D'ailleurs, j'ai commencé à donner des ateliers d'écriture ici, dans ce même immeuble.
Pour ceux qui sont peut-être plus âgés, il y avait un espace qui s'appelait le Racoin. On faisait des ateliers d'écriture, des lectures et tout ça. Puis moi, ce que j'ai constaté, puis on dirait qu'en retournant au rivage, je voyais que vous incluez ça dans la pratique artistique, l'écriture, dans ce que vous faites. Ça me ramenait à ce moment-là où j'ai participé à ces ateliers-là, puis les gens partageaient ce qu'ils... Des fois indirectement, c'est pas qu'ils voulaient parler de ce qu'ils vivent, mais quand t'écris un texte, t'es dedans quelque part.
Et là, la richesse des échanges qu'il y avait dans ça, c'était très riche. Puis là, je me suis dit, pourquoi pas l'amener dans le balado? Parce que des fois, quand on va poser une question sur un concept qui peut avoir l'air très théorique, comme la gestion participative, les gens vont se dire, c'est quoi je dis là-dessus? Peut-être qu'ils vont s'imaginer qu'ils ont besoin de dire une réponse style universitaire.
[00:09:20] Speaker B: Oui, oui.
[00:09:21] Speaker A: Tassons tout ça, puis écrivez un texte là-dessus, faites un dessin là-dessus, puis là, on va voir ce qui va émerger. Ça a bien fonctionné parce que là, les gens ont pu se livrer d'une autre façon, plus indirecte. C'est moins aussi... C'est ça, c'est plus émotive aussi.
[00:09:40] Speaker B: Non, c'est ça. On sent vraiment dans cet épisode-là un peu le travail un peu à tous les niveaux de la gestion participative. Il y a le point très, mettons, utilitaire que c'est juste simplement logique de donner des pouvoirs décisionnels aux usagers.
Après, il y en a, comme tu as dit, qui sont là pour le social, puis il y en a d'autres que c'est...
se rendre utile par le travail qui ont une valorisation. Ça fait que c'est à plusieurs niveaux. Dans cet épisode-là, on va pas mal tous les aborder par les témoignages que tu as recueillis. Sinon, juste avant de démarrer l'épisode, j'aimerais encourager nos auditeurs à porter une attention particulière à ton habillage sonore que tu fais dans cet épisode-là, mais aussi dans tous les épisodes du balado documentaire. Tu vas vraiment aller chercher des habillages sonores, des sons, pour vraiment amener une dimension et un côté immersif au balado.
Je trouve que c'est ta couleur en tant que réalisateur. Ce ne sont vraiment pas tous les balados documentaires qui vont aller chercher ce travail-là. C'est vraiment un énorme travail que tu as réussi à faire.
Et sur ce, on lance l'épisode 2 «Appartenir».
[00:10:59] Speaker D: Je prends souvent des marches autour du lac. C'est pas très loin de chez nous et c'est un espace public qui est dans la routine de plusieurs personnes.
La plupart se déplacent là pour discuter, pour faire le bilan de leur journée ou pour décompresser.
C'est aussi un lieu qui permet de se garder en forme, de se dégourdir.
Et pour plusieurs, c'est l'endroit idéal pour faire du jogging.
Courir comme ça, ça fait partie des actions qu'ils font pour se faire du bien.
J'imagine que la majorité de ces personnes-là viennent de finir leur quart de travail. Un emploi qui leur permet de subvenir à leurs besoins et qui leur donne, d'une façon ou d'une autre, l'opportunité de contribuer à quelque chose.
Ok, probablement que leur vie n'est pas parfaite, mais quand j'y regarde, j'ai tendance à penser qu'elle est un peu comme le jogging que j'y vois faire.
Si se lancer dans cette activité-là les aide, ils sortent dehors et ils la font. S'ils veulent un travail qu'ils aiment, ils mettent les efforts et ils le trouvent. Sont capables de courir. Sont capables d'être dans la course.
Je généralise un peu, mais je pense qu'on oublie des fois que c'est pas tout le monde qui a l'opportunité de faire les efforts nécessaires pour avoir la vie qu'ils veulent.
Leur désir est là, mais malheureusement, leurs jambes suivent plus.
Il n'arrive plus à courir le marathon de notre société de performance avec son 9 à 5, ses 40 heures semaines, son temps supplémentaire, ses injonctions, ses compétitions, ses évaluations et j'en passe. L'expression que je déteste le plus, je pense, c'est «quand qu'on veut, on peut». C'est tellement trompeur de dire ça, parce que souvent, on veut, mais on ne peut pas. Et c'est difficile pour l'orgueil d'encaisser ça.
Et en plus, les gens ne comprennent pas toujours notre situation. Surtout quand ce qui nous empêche de courir, c'est une blessure invisible.
Un mal intérieur.
Mais bon, ultimement, c'est aussi grave que ça de ne plus pouvoir courir pendant un moment. Ça peut arriver à tout le monde de se blesser, puis il n'y a pas juste la course qui existe. Ce n'est pas le seul sport sur Terre.
Je pense qu'il y a d'autres façons de contribuer, de fonctionner et d'avancer.
Je vous dis ça parce qu'à mesure que le documentaire avançait et que je visitais le rivage, je découvrais une saveur différente.
On dirait que les gens là-bas jouaient à un autre sport.
Je ne comprenais pas encore tout, mais ça goûtait bon et j'avais hâte d'en savoir plus.
Vous écoutez Appartenir, un balado documentaire sur les bienfaits de participer et de faire partie d'une communauté qui nous accueille tel qu'on est.
Pizza
[00:13:47] Speaker A: time!
[00:13:48] Speaker E: On a de la pizza!
[00:13:52] Speaker F: Pizza!
[00:13:53] Speaker E: Je pense qu'on va la déposer ici.
[00:13:56] Speaker A: Ah, elle est là-bas.
[00:13:57] Speaker D: Quand je disais que ça goûtait bon au rivage, je ne parlais pas nécessairement de la pizza qu'on avait mangée ce midi-là.
J'avais clairement faim.
[00:14:04] Speaker E: C'est bien insulté quand elle ne coupe pas la pizza.
[00:14:07] Speaker A: C'est plate qu'elle ne coupe pas, hein? C'est la première fois que je vis ça. Je vais en parler.
[00:14:12] Speaker E: On retire notre commandite avec eux.
[00:14:15] Speaker D: Blague à part, Charlie, mon collègue et moi, on avait organisé un dîner avec les membres pour comprendre ce que la gestion participative changeait dans leur vie.
[00:14:24] Speaker A: On est combien, là? On va être 8.
[00:14:27] Speaker D: Ma première visite au rivage, mes échanges avec Charlie et la présentation à laquelle j'avais assisté à l'université m'avaient donné quelques indices. Mais je voulais du vécu, du concret.
J'étais de bonne humeur ce jour-là, et je pense que j'étais heureux de revenir à Gichemont.
[00:14:48] Speaker A: Les beaux sons urbains. Ah, c'est le train.
[00:14:51] Speaker G: Ah oui, pogne le train.
[00:14:52] Speaker E: Un beau centre.
[00:14:53] Speaker A: Ça c'est Richemont, le train de Richemont.
[00:14:56] Speaker E: C'est toute la nature de Richemont. On a même eu un chat, le chat de Richemont.
[00:15:00] Speaker A: Un chat de Richemont?
Vous prenez le miaulement du chat?
[00:15:04] Speaker D: La petite marche pour aller chercher la pizza qu'on avait prise quelques minutes avant d'entrer au rivage avait été agréable. Et c'était pas une sortie ordinaire, parce qu'on savait qu'on était enregistré. Ça nous inspirait, on dirait.
[00:15:18] Speaker E: On se sent comme des bêtes.
[00:15:19] Speaker A: On est jet-set, là. On a quelqu'un qui nous suit avec un micro.
[00:15:22] Speaker D: C'est ça, c'est ça.
[00:15:24] Speaker E: Qu'est-ce qu'on a d'autre d'intéressant à dire?
[00:15:26] Speaker A: Ceux-là, ils doivent être importants.
[00:15:27] Speaker E: On est fous d'importance, on va chercher de la pizza.
[00:15:30] Speaker D: On se sentait presque investis d'une mission sacrée. Au point que, quand on est entrés dans la pizzeria, quelque chose d'étrange s'est passé.
Les lumières clignotaient.
Vous avez coupé le courant. Vous êtes en train de couper le courant.
[00:15:46] Speaker A: C'est nous autres qui faisons ça?
[00:15:47] Speaker D: Bien oui, vous êtes électriques.
[00:15:49] Speaker H: Vous avez de la puissance.
[00:15:50] Speaker D: Vous avez de la puissance.
[00:15:52] Speaker E: Pour te donner une idée, on était avec le rivage. Tu connais un petit peu le rivage, le petit chemin?
[00:15:59] Speaker D: On est avec eux.
[00:16:00] Speaker C: Parfait. Merci.
[00:16:01] Speaker E: On va déguster ça.
[00:16:05] Speaker D: D'après moi, on avait fait bonne impression. Et pendant qu'on revenait vers le rivage, j'ai le sentiment que je voulais montrer à Charlie que je commençais à intégrer les principes de la gestion participative.
[00:16:22] Speaker G: Pow!
[00:16:22] Speaker A: Tout retombe à terre. Non, mais c'est pour illustrer la gestion participative.
Ça l'illustre.
[00:16:28] Speaker E: C'était une métaphore.
[00:16:30] Speaker A: Si je garde les deux pizzas pour moi, je fais du micro-management. Je veux tout faire moi-même. Ça, c'est pas bon.
[00:16:37] Speaker D: J'étais dedans, comme on dit.
Et ma motivation de faire bon élève a continué pendant le dîner.
[00:16:46] Speaker A: Si tu veux servir les pizzas VG, j'ai fait les non-VG.
En gestion participative, on se délègue la pizza.
On va commencer par huit assiettes.
[00:17:03] Speaker D: C'était un repas en petits groupes. Il y avait moi, mon collègue, Charlie et trois membres. Vicky, Tim et Fred.
L'ambiance était aussi légère que la dernière fois.
[00:17:14] Speaker A: Ça va être bon, l'âne de ballon. Oh, c'est un slam, ça! Ça grimace!
Après quelques blagues et pointes de pizza,
[00:17:28] Speaker D: j'ai fait un effort pour me remettre dans mon rôle de documentariste et je me suis adressé à Vicky.
[00:17:33] Speaker A: Qu'est-ce que tu trouves de spécial ici, justement, à cause que c'est en gestion participative? Qu'est-ce que tu trouves de beau, d'inspirant, de libérant?
[00:17:43] Speaker I: Ça m'a aidée à me développer parce que j'étais bien gênée.
Ça m'a fermée.
Ça m'a aidée à faire des défis, des affaires que je n'aurais pas osé faire, que j'ai faites sans m'en rendre compte.
[00:17:59] Speaker D: En l'écoutant, je me disais que c'était particulier de voir comment le fait d'avoir une place pour participer poussait les gens à se dépasser et à se réinventer. Les implications de Tim avaient aussi eu des impacts significatifs sur lui.
[00:18:11] Speaker J: Je pense que ça donne l'opportunité d'évoluer et d'apprendre.
Parce que si c'est fait pour toi, tu n'as pas vraiment gagné de rien.
Tu participes, mais tu ne te défaces pas pour voir si tu peux faire des choses que tu n'aurais jamais imaginées.
[00:18:30] Speaker D: L'engagement de Tim lui avait permis d'avancer. Et tout ça avait été possible, je pense, parce que l'organisme lui avait donné des occasions de passer à l'action.
[00:18:38] Speaker J: J'ai fait toutes sortes de choses.
À un moment donné, j'étais partenaire du CIA.
J'ai aussi fait des choses que je n'aurais jamais su faire devant des gens, parler devant des gens, parce que c'était mon défi.
Juste d'être autour des gens et de me challenger pour pouvoir le faire.
Juste comme récemment, j'ai eu des membres de ma famille qui m'ont appelé. Je n'avais pas vu depuis longtemps et ils m'ont dit que j'avais changé tellement, qu'ils ne me reconnaissaient pas.
C'était comme jour et nuit.
[00:19:12] Speaker D: Ce qui est intéressant du parcours de Tim, c'est que le rivage ne l'avait pas nécessairement aidé par une thérapie ou des conseils. L'organisme lui avait plutôt donné un terrain de pratique pour se dépasser lui-même. Après un moment, Fred nous a expliqué pourquoi il s'impliquait.
[00:19:26] Speaker A: Moi, m'impliquer dans le rivage, c'est une question de valorisation.
C'est pour les personnes qui ont vécu un épisode en santé mentale, comme on le sait que les préjugés sont assez nombreux.
[00:19:40] Speaker D: S'engager, pour lui, c'était une façon de contredire les préjugés négatifs qui sont souvent dirigés vers les individus qui ont des enjeux de santé mentale. Ces jugements-là ne sont pas faciles à
[00:19:52] Speaker A: prendre, surtout que quand ce qu'on vit
[00:19:54] Speaker D: nous empêche de poser des actions dites «normales », comme travailler 5 jours sur 7 et rencontrer du nouveau monde.
Mais ce qui est encore plus douloureux,
[00:20:04] Speaker A: je pense, c'est le regard qu'on porte
[00:20:05] Speaker D: sur nous-mêmes à ce moment-là.
Quand tu as de la misère à faire ce que le commun des mortels considère facile et que les raisons qui te mettent les bâtons dans les roues sont invisibles, bien, c'est bien difficile de ne pas s'en vouloir et de dire d'autres choses que c'est moi le problème ou c'est de ma faute.
En donnant la chance aux gens de vivre des grandes et des petites victoires, je pense que le rivage doit aider à guérir ça.
On a continué de discuter. Et après un moment, Vicky a dit quelque chose qui mettait en lumière un autre point important.
[00:20:41] Speaker I: Je me sentais acceptée.
Quand je dis que c'est ma deuxième famille, moi je n'ai pas grand-amie, mais ici je suis capable de me porter à pas mal tout le monde.
Je suis encore des fois un peu stressée par ces affaires-là, mais ça m'aide à voir le monde et je fais mon social. C'est ça, moi c'est comme ma longue association, je ne sais pas comment le dire, que je suis là.
[00:21:10] Speaker D: Vicky se sentait bien accueillie au rivage, et ce sentiment-là la poussait à revenir dans l'organisme et à sortir de chez elle.
On dirait que le lieu semblait donner un genre de «chez soi» aux personnes.
Une place où elles pouvaient aller en toute confiance et qui leur donnait le goût de s'impliquer.
C'était quelque chose de majeur, ça, et c'était nécessaire d'en savoir plus.
Après le dîner, on est restés quelques heures de plus à Richemont parce que Charlie voulait interviewer Julie, la membre que j'avais rencontrée à l'université l'hiver passé.
Pour faire changement, on a fait l'entrevue en prenant une marche.
[00:21:49] Speaker E: Quand t'es arrivé, qu'est-ce qui a fait en sorte que t'es resté accrochée? Ça a été quoi l'élément que tu t'es dit «ah ouais, moi je veux
[00:21:54] Speaker K: continuer à venir ici?» Bien, c'est sûr que j'aimais l'ambiance. Je trouvais que les gens, il y avait une belle dynamique. Je trouvais qu'entre les gens, c'était souvent du monde qui avait une belle motivation, qui avait des belles valeurs.
[00:22:11] Speaker D: Un peu comme Vicky, Julie retournait au rivage parce qu'elle appréciait le lieu, les personnes qui étaient là et l'énergie positive du groupe.
[00:22:19] Speaker K: C'est comme si c'était un endroit où est-ce qu'un espèce de carrefour où des gens qui n'auraient pas nécessairement été se croisent. Ça fait comme un lieu de rencontre. C'est un milieu de vie. Le rivage, c'est ça, c'est un milieu de vie.
[00:22:35] Speaker D: Ces mots n'étaient pas choisis au hasard. Pour elle, le rivage n'était pas un organisme dans lequel on entre, on va chercher un service et on sort.
C'était un endroit pour exister, pour passer du temps, pour tisser des liens.
Charlie avait d'autres questions.
[00:22:52] Speaker E: Il y a beaucoup de gens qui disaient qu'on se sentait comme dans une famille, avec des membres de famille. Est-ce que c'est quelque chose que tu ressens un petit peu toi aussi?
[00:23:01] Speaker K: Bien, une famille qu'on a choisie, c'est sûr, parce que notre famille, elle nous a imposés. Puis ici, on l'a choisi, puis on grandit, on évolue avec eux autres, puis on est comme vraiment... C'est des gens qu'on a envie de voir.
[00:23:22] Speaker D: Une famille qu'on a choisie.
Les mots de Julie n'étaient pas sélectionnés au hasard.
Je m'avance un peu, mais j'imagine que faire partie d'un groupe qui nous accepte, dans lequel on se reconnaît et qu'on fréquente par notre propre choix, ça doit être bon pour la santé mentale.
En revenant de Richemont, Charlie et moi, on a discuté de tout ça dans l'auto.
[00:23:50] Speaker A: Je ne sais pas, je découvre que ce n'est pas juste faire une belle gestion participative qui fonctionne, c'est comme si c'est une forme de gestion qui a d'autres effets que juste des effets que ça soit plus efficace ou mieux géré. C'est une gestion qu'on fait pour faire
[00:24:11] Speaker D: du bien aux morales des gens, pour souder les équipes, pour souder les communautés,
[00:24:15] Speaker A: pour valoriser les personnes. En tout cas, c'est comme une gestion qui dépasse la gestion.
[00:24:21] Speaker E: Oui, parce que j'ai l'impression qu'on le ferait juste pas sinon. Le but de la gestion participative, c'est pas d'être plus efficace ou d'être plus vite.
Je pense que le principe de base, c'est de redonner du pouvoir aux gens et de les faire sentir qu'ils ont leur place.
[00:24:42] Speaker D: En parlant avec Charlie, je me rendais compte que la gestion participative était un genre de prétexte qui déclenchait des réactions en chaîne positives chez les personnes.
Avec tout ce que j'avais entendu jusqu'à maintenant, j'étais déjà capable d'en énumérer plusieurs.
Sauf, apprendre tout ça de la bouche des autres, pour moi, c'était pas suffisant.
[00:25:02] Speaker A: Je pense que j'aurais encore envie d'aller passer une demi-journée au rivage, d'aller m'asseoir là.
[00:25:09] Speaker D: Oui, je vais avoir mes micros et tout ça, mais juste être là pour
[00:25:14] Speaker A: vivre l'expérience, j'aimerais ça.
[00:25:25] Speaker D: En exprimant ce que je voulais à Charlie, d'après elle, l'occasion idéale pour atteindre mon but était d'aller dans l'un des dîners communautaires que les gens du rivage organisent dans le café au rez-de-chaussée.
Parce que oui, j'en ai pas parlé, mais jusqu'ici mon expérience de l'organisme était limitée à ce que j'avais vu au deuxième étage. Juste en bas, il y avait un café qui s'appelait le Café des rêves.
Un lieu plus public où les habitants de Richemont pouvaient s'arrêter pendant les heures d'ouverture et qui permettait aux membres d'offrir des activités collectives pour tout le monde.
Disons que je commençais à me sentir chez nous dans le village.
[00:26:00] Speaker A: C'est bien comme centre-ville, il y a pas mal de tout.
C'est vraiment pas mal complet.
[00:26:06] Speaker D: Le village est au coin de la
[00:26:08] Speaker A: rue, juste à côté de la microbrasserie.
[00:26:15] Speaker D: En fait, le rivage et son café étaient au centre de Richemont.
Je pense que c'était voulu comme ça.
Quand je suis entré dans le café, c'était très tranquille. Je m'étais organisé pour arriver un peu avant pour rencontrer les personnes qui préparaient le dîner.
[00:26:38] Speaker A: Est-ce qu'il y a quelqu'un?
[00:26:43] Speaker D: Ça répondait pas, donc j'ai cogné encore. Peut-être trop intensément.
Bonjour!
[00:26:53] Speaker A: Bonjour!
[00:26:54] Speaker D: Finalement, une femme qui s'appelait Audrey m'a ouvert la porte. Je suis entré, et de mémoire, ils étaient quatre ou cinq temps pièce.
[00:27:01] Speaker A: Je vais juste rester quelques moments pour enregistrer la préparation, mais je ne resterai pas tout le temps, inquiétez-vous plus.
[00:27:06] Speaker L: C'est correct, on fait comme si t'étais pas là.
[00:27:07] Speaker A: Ouais, ça, exact.
[00:27:08] Speaker F: C'est ça le but.
[00:27:10] Speaker A: La plus grande qualité d'un preneur de son, c'est qu'on l'oublie, ça fait que c'est bon.
[00:27:14] Speaker D: Je me suis fait petit. Audrey m'avait promis de faire comme si j'étais pas là, mais j'espérais tout de même qu'elle réponde à mes questions.
[00:27:23] Speaker A: C'est quoi que vous préparez?
[00:27:25] Speaker L: On prépare du chili pour le dîner collectif.
[00:27:29] Speaker A: OK.
[00:27:29] Speaker L: C'est ça, du chili avec... on va avoir une petite salade verte avec concombre radis. Puis en dessert, on a des biscuits aux pépites de chocolat et un ingrédient mystère.
[00:27:38] Speaker D: Oh, on ne le dira pas au
[00:27:39] Speaker A: micro, on ne le dira pas secret au micro.
[00:27:42] Speaker L: Ça va être servie avec de la crème glacée.
[00:27:44] Speaker D: Ça avait l'air bon. Et je suis resté quelques minutes avec eux dans l'espoir d'en savoir plus. Je ne sais pas si c'était parce
[00:27:52] Speaker A: que je ne voulais pas déranger, mais
[00:27:54] Speaker D: on dirait que j'abordais les gens un peu étrangement.
[00:27:59] Speaker A: Tout est préposé aux concombres.
[00:28:01] Speaker D: On peut être préposé ici à n'importe quoi.
[00:28:07] Speaker L: Ça va pas pire avec les ciseaux quand même.
[00:28:08] Speaker G: Ben oui, ben oui.
[00:28:10] Speaker D: La préposée aux concombres et aux autres tâches, c'était Janine. Et plus loin, je voyais un homme, qui s'appelle Silvio, je pense, verser une grosse chaudière de chili dans un chaudron.
[00:28:21] Speaker L: Ouais, c'est bon.
[00:28:22] Speaker G: T'es allé juste.
Pas mal juste.
[00:28:25] Speaker L: Comme si t'avais fait ça toute ta vie.
[00:28:27] Speaker E: T'as fait ça toute ta vie.
[00:28:30] Speaker D: Si c'est normal, pourquoi il fait ça?
Sylvio était un naturel avec le versage de Chili, on dirait.
J'aimais ça voir des gens rire et travailler ensemble. Et pendant que j'observais le tout, Audrey m'a expliqué un détail important.
[00:28:46] Speaker L: Aujourd'hui, c'est une collaboration RIVAGE et Cuisine collective d'Établier en folie. Moi, je travaille au Cuisine collective.
Daniel, Jeannine et Sylvio sont membres du RIVAGE.
Fait qu'on mélange un peu les pratiques des deux places pour offrir le dîner à la communauté.
[00:29:07] Speaker D: Audrey m'en apprenait parce que je n'étais pas au courant que le dîner était organisé en partenariat.
Quand les membres du rivage s'impliquaient, c'était donc pas juste entre eux-mêmes.
Ils étaient ouverts à travailler avec d'autres groupes. Je me suis encore risqué à déranger Janine pour en savoir plus sur les dîners.
[00:29:25] Speaker A: C'est combien de personnes à peu près qui viennent?
[00:29:27] Speaker D: D'habitude, c'est 60-65.
65.
C'était pas un chiffre faible. Surtout dans une petite ville comme Richemont.
C'est pas comme quand on est juste deux à table.
[00:29:40] Speaker A: Non, non, non. Grosse préparation quand même.
[00:29:42] Speaker E: Ouais, c'est ça.
Daniel?
Daniel, la crème sourde, tu voulais qu'on la mette où?
[00:29:57] Speaker D: Après ma discussion avec Jeannine, je me suis approché de Daniel. De tous les membres du rivage qui étaient là, c'était le seul que je connaissais d'un nom avant d'entrer dans la cuisine.
Charlie m'avait parlé de lui comme étant l'un des principaux responsables du dîner.
[00:30:11] Speaker L: Daniel, ça fait quand même quelques années que tu es en charge du dîner collectif.
[00:30:16] Speaker G: Depuis le premier repas.
On en a fait deux, après ça, je l'anime, c'est regroupé à nous autres.
Elle m'a demandé, Daniel, ce que je peux faire pour toi. Je lui ai dit, il y a quelqu'un en cuisine. Depuis ce temps-là, elle est là.
[00:30:31] Speaker D: Je me souviens que ça faisait plus qu'un an qu'on voulait.
[00:30:34] Speaker A: Daniel, c'est toi qui as initié ça au Rivage?
[00:30:38] Speaker G: Pas en tout. C'était une idée d'un autre et personne ne savait la présenter.
J'ai dit qu'on allait l'essayer.
[00:30:46] Speaker A: C'est un projet de groupe, plusieurs participants.
[00:30:50] Speaker G: Là, on a la meilleure équipe, ça va bien, pas de fiolage.
[00:30:56] Speaker A: Bonne cuisine, tout le monde.
[00:31:01] Speaker M: Bye-bye.
[00:31:02] Speaker D: Je ne suis pas resté longtemps dans la cuisine. Sauf que ça avait été assez pour constater que les liens entre ceux et celles qui préparaient le repas étaient forts et agréables.
[00:31:10] Speaker A: Quand je suis sorti, le café des rêves s'était rempli.
[00:31:21] Speaker D: Il y avait déjà des membres qui dépliaient des tables et qui accomplissaient tout ce qu'il y avait à faire pour accueillir les gens.
Lui que vous entendez, c'est Paul, un membre du conseil d'administration du rivage très impliqué dans le café communautaire.
Disons qu'il savait où est-ce qu'il s'en allait.
[00:31:43] Speaker A: Les gens se servent eux-mêmes ou vous apportez les repas sur les tables directement?
[00:31:47] Speaker D: Non, non, ils se servent eux-mêmes.
[00:31:49] Speaker A: OK.
C'est gratuit ou il y a ça un petit coût?
[00:31:52] Speaker G: Oui, c'est des contributions volontaires.
[00:31:54] Speaker D: OK, ah ben oui.
Paul avait l'air bien occupé et pressé un peu, parce que je voyais que beaucoup de personnes attendaient à l'extérieur.
J'ai été faire un tour dehors pour leur parler.
J'ai commencé par aller voir un homme d'un certain âge qui attendait près d'un arbre.
[00:32:12] Speaker A: Est-ce que tu viens souvent au dîner communautaire ici?
[00:32:15] Speaker G: Oui, oui.
[00:32:16] Speaker A: C'est le fun d'avoir une place comme ça où tout le monde se rassemble?
[00:32:20] Speaker F: Oui.
[00:32:21] Speaker A: Ça sort de chez soi un peu, en voiture?
[00:32:23] Speaker G: Oui, ça nous fait sortir de chez nous. C'est long d'être tante seule.
Moi, j'ai perdu ma femme il y a quatre mois.
C'est long. On trouve tout le temps du monde qui nous parle.
[00:32:36] Speaker A: Tu connais-tu l'organisme en haut, le rivage de Val-Saint-François?
[00:32:40] Speaker G: Non, non.
[00:32:43] Speaker D: C'est ça que je pensais.
Ceux et celles qui participaient au dîner n'étaient pas uniquement des membres du équipage. Je me suis approché d'un couple qui attendait avec ses enfants.
[00:32:52] Speaker A: Vous venez comme à chaque fois?
[00:32:54] Speaker D: C'est une fois par mois?
[00:32:54] Speaker H: Souvent, oui. Je suis souvent à manger. Juste à manger plus.
Oui. J'adore ça. Ça fait très, très bon le manger. C'est très, très bon.
Ça me soulage d'avoir un repos des fois. Quand t'es à la maison, tu travailles tout le temps.
Tu fais du repos avant nous autres quand on revient.
[00:33:13] Speaker D: Cette femme-là n'était pas une membre du rivage non plus.
À mesure que je parlais aux personnes, je constatais que les gens venaient au dîner pour plusieurs raisons différentes.
[00:33:21] Speaker A: Qu'est-ce que ça t'apporte, toi, de venir au dîner?
Qu'est-ce que t'aimes de ça?
[00:33:26] Speaker M: Henry appréciait
[00:33:39] Speaker D: les dîners, mais ce qui l'enrichissait le plus, c'était autre chose.
[00:33:43] Speaker A: T'as-tu connu beaucoup de monde à cause de ces dîners-là, t'sais, les gens que t'as rencontrés?
[00:33:47] Speaker M: Je fais partie de mon groupe de rivage.
[00:33:50] Speaker A: Qu'est-ce que t'aimes du rivage? Ça fait plusieurs années que tu y vas, qu'est-ce que t'aimes de là-bas?
[00:33:54] Speaker M: Éméliorer votre santé mentale, les membres, et pour aider le reste du monde dans la communauté à battre les difficultés de santé mentale.
[00:34:09] Speaker D: Ça, c'était une belle découverte. Les membres ne s'impliquaient pas juste pour eux-mêmes. On sentait aussi qu'ils voulaient donner aux autres. Henry était très engagé.
[00:34:19] Speaker M: Moi, je fais partie du comité pour les pléchettes de blé d'Inde que nous avons dans le mois d'août. Le comité pour les parties de Noël, les parties de Saint-Valentin au mois de février, la cabane à sucre que nous allons au printemps, des choses comme ça.
[00:34:38] Speaker A: Toi, ça t'a aidé personnellement de connaître le rivage?
[00:34:42] Speaker M: Henry donnait
[00:35:01] Speaker D: amplement et en même temps, je comprenais qu'il y avait aussi beaucoup reçu du rivage.
[00:35:06] Speaker M: Pendant
[00:35:12] Speaker D: que je discutais avec lui, Paul a finalement ouvert les portes et les gens ont commencé à entrer à l'intérieur.
[00:35:17] Speaker A: La nourriture est prête.
[00:35:31] Speaker D: Les personnes allaient bientôt manger, parce qu'au fond du café, je voyais Janine, Daniel, Audrey et Silvio sortir la nourriture. Les gens s'alignaient tranquillement, se prenaient des assiettes et attendaient qu'on leur serve le repas.
[00:35:43] Speaker L: Attention,
[00:35:51] Speaker D: c'est chaud!
Je me suis approché de Daniel et d'Audrey qui se préparaient à servir les gens quand quelque chose a attiré mon attention.
[00:36:01] Speaker G: «C'est-tu la fête à quelqu'un?» «Oui, c'est
[00:36:04] Speaker D: la fête de moi.» Ce que Daniel m'expliquait, c'est qu'à chaque dîner communautaire mensuel, les membres soulignaient la fête de chaque personne dont la date de naissance était dans le même mois. C'était une belle attention.
[00:36:16] Speaker G: «Merci d'être là.» Merci d'être au rendez-vous. J'ai trois fêtes aujourd'hui. J'ai une fête de Roger. Hé, Roger!
Bonne fête! Bonne fête de Roger!
Bonne fête! Bonne fête! Bonne fête de Roger!
[00:36:36] Speaker D: C'était tout un adon quand même parce que Roger, c'était le président du rivage.
[00:36:44] Speaker G: La bascule, la bascule!
[00:36:47] Speaker H: La bascule!
[00:36:48] Speaker A: La bascule!
[00:36:49] Speaker D: Ce n'était pas une bonne idée de donner la bascule à Roger, finalement, ni à personne, d'après moi.
Après deux à trois chants collectifs de bonne fête, c'était le temps de manger.
[00:37:02] Speaker G: Encore? C'est correct.
[00:37:05] Speaker N: J'ai du fromage dessus?
[00:37:07] Speaker O: Oui.
[00:37:09] Speaker G: Imaginez dans nos œuvres.
[00:37:12] Speaker M: Les
[00:37:20] Speaker D: personnes recevaient leur repas et ce que je trouvais beau, c'est que les bénévoles connaissaient souvent les gens par leur nom.
Graduellement, presque tout le monde a commencé à manger. Et j'en ai profité pour m'asseoir à la table de Paul.
[00:37:41] Speaker G: J'ai été déjeuner un coup à un petit restaurant à Phoenix.
[00:37:46] Speaker F: À Arizona?
[00:37:47] Speaker G: Oui.
[00:37:48] Speaker L: Il y avait ça pour déjeuner?
[00:37:49] Speaker G: Non, non. J'ai mangé une omelette mexicaine.
[00:37:52] Speaker L: OK.
[00:37:53] Speaker G: Je l'ai regretté à un instant.
[00:37:54] Speaker H: Ça, c'est le Mexicain, on m'a dit.
[00:37:55] Speaker G: C'était fort.
[00:37:57] Speaker F: C'est-à-dire que t'y essaies beaucoup? Tu les tariffes beaucoup après?
[00:38:00] Speaker G: Bien, des légumes, là. Des légumes, j'avais pas besoin. Oui, oui, c'est ça. J'avais un petit peu de tabasco.
[00:38:06] Speaker D: Paul avait mangé et voyagé dangereusement, on dirait. J'ai parlé un peu avec lui et après ça, je me suis levé pour aller chercher d'autres témoignages.
[00:38:16] Speaker A: Êtes-vous à l'aise à la table ici si je vous pose des questions sur qu'est-ce que vous aimez des dîners ici, une petite question bien rapide sur le dîner communautaire?
[00:38:25] Speaker D: Après avoir parlé à quelques personnes, les paroles d'un homme qui accompagnait son père, plus âgé, au dîner ont capté mon attention.
[00:38:34] Speaker A: Ça fait un bout que tu viens ici?
[00:38:35] Speaker O: Deux-trois ans.
[00:38:37] Speaker A: Ah oui, OK.
[00:38:37] Speaker O: Ça fait deux-trois ans, je suis courant.
Ça me permet de rencontrer du monde, socialiser aussi, puis de savoir ce qui se passe un peu dans Richemont, comme à Thiboutier dans l'été. Le milieu social, il est très bon.
[00:38:49] Speaker H: C'est le fils et le père.
[00:38:51] Speaker A: C'est pour ça.
C'est le fils qui a amené le père. Oui, c'est ça.
[00:38:56] Speaker O: Il cherchait une place tranquille.
[00:38:58] Speaker H: On l'emmène à se socialiser aussi, parce que plus souvent qu'autrement, connu que c'est une personne âgée, c'est plus porté vers un certain âge à s'isoler, donc on essaie de sortir de son isolement.
[00:39:08] Speaker O: Faire sortir, connaître d'autres mondes.
Parce que là, je me sens plus seul dans ces moments-là.
[00:39:14] Speaker A: Tu comprends. Oui, oui. J'ai beau être seul ici.
[00:39:16] Speaker O: Il y en a d'autres comme lui ici. Donc à l'instant-là, tu peux courtoiser d'autres personnes qui ont le même vécu que tu vis, que tu peux partager, que tu permets de passer au travers, tu sais.
[00:39:26] Speaker A: Ouais.
[00:39:26] Speaker O: Voir la vie moins ronde, comme on dit. Sinon, ça parle pas. Il faut lui poser des questions. Tout va bien, tout va bien. Mais en réalité, ça marche pas, tu sais.
[00:39:38] Speaker D: J'étais bien tombé entendant le micro à cette personne-là. Il amenait son père au dîner, pas juste pour manger. Tout le monde cherchait plus qu'un bon repas, on dirait.
[00:39:47] Speaker A: T'as connu beaucoup de gens en venant ici?
[00:39:49] Speaker O: Oui, oui, pas mal. On se rencontre souvent au Maxi, dans ces places-là.
Les Vendredi Cafés, les Cafés de rêve qu'on appelle. On vient ici.
[00:40:01] Speaker H: On a notre aide alimentaire, on est ici une fois par mois. C'est agréable, je connais pas mal tout le monde ici.
[00:40:08] Speaker N: C'est cool.
[00:40:08] Speaker O: Une fois, Daniel nous appelle venir visiter. Lasser la salle, ces affaires-là.
C'est encore comme dans le temps, le monde s'entraide encore. Ça s'envoie pas promener, comme on dirait, aux oubliettes.
[00:40:20] Speaker D: De ce que je comprenais, c'est que ces personnes-là faisaient pas juste bénéficier des dîners. Elles aidaient et elles s'impliquaient dans d'autres événements comme l'épluchette de blédins.
[00:40:31] Speaker O: Ça ramasse quasiment 300 personnes.
[00:40:33] Speaker D: 300 personnes?
[00:40:34] Speaker E: Ah oui!
[00:40:34] Speaker O: C'est pas loin d'être dépassé. C'était pas loin de ça. 150-200, facile. Tout le monde du quartier vient. Il y a plein de tables de pique-nique.
Il y a même des chapiteaux. Il y a mis un chapiteau.
[00:40:45] Speaker A: Ah oui, c'est vivant.
[00:40:46] Speaker O: Il y a de la musique, tout ça.
L'ambiance, c'est bon. Ça permet le monde de se connaître pas mal plus qu'on les connaît pas, on les recourtoit ici. Il faut pas que ça arrête.
[00:40:58] Speaker A: Non, non, non, non.
[00:40:59] Speaker O: Il y a plein de monde, comme nous autres, qui continuent d'encourager ça, mais ça va évoluer de plus en plus.
On va réussir à avoir un meilleur monde, comme on dit.
[00:41:07] Speaker D: Oui.
[00:41:08] Speaker A: En s'impliquant que ces choses-là peuvent continuer.
[00:41:11] Speaker O: Oui, c'est ça. On va sensibiliser les autres personnes.
On va être de plus en plus dans ce centre aidé dans ce temps-là.
On va souhaiter que ça continue.
Je vous souhaite un bon été.
[00:41:23] Speaker A: Merci, bien inspirant.
[00:41:29] Speaker D: Les mots de cet homme ne pouvaient pas mieux résumer les valeurs que je sentais dans la pièce. Le mot «entraide» revenait pas mal de fois. Et c'est drôle, ce n'est pas un mot que j'entends souvent dans mon quotidien.
En pensant à tout ça, j'ai pris le temps de m'asseoir et de manger avec les gens sans enregistrer. Ça m'a permis de faire plus ample connaissance avec les membres, les gens de Richemont et de vivre l'expérience du dîner avec eux. Je pense que c'est à ce moment-là que j'ai senti que j'étais, moi aussi, en train de participer et d'appartenir à quelque chose.
[00:42:04] Speaker A: Salut Charlie, j'espère que tu vas bien. Écoute, je sors tout juste du dîner communautaire et je suis vraiment content d'y avoir été.
Je n'ai pas souvent la chance ou je ne prends pas assez la chance d'aller dans des événements comme ça, d'être assis avec des gens qui ont les mêmes valeurs, qui sont dans le même quartier, dans la même ville, qui ont les mêmes objectifs, qui s'impliquent ensemble, d'être assis avec des dizaines de personnes comme ça.
Je ne sais pas, il y a quelque chose de... On dirait que quand tu es au centre de tout ça, je ne sais pas comment dire ça, mais c'est comme si tu te sentais plus fort, tu sais.
Oui, c'est ça que je ressens un peu.
[00:42:49] Speaker D: Après trois visites de l'organisme, les impacts de la gestion participative étaient de plus en plus clairs pour moi. Les gens se confiaient, sauf que je sentais une petite gêne des fois.
Et j'avais envie de casser ça.
Et c'est là que j'ai eu une idée un peu... spéciale.
[00:43:04] Speaker A: Donc voilà, un autre message.
Je suis bien inspiré, ça a l'air.
Je trouve que ce serait intéressant de... pour aller peut-être chercher les membres, les gens...
à un autre niveau, peut-être aller chercher des réponses qu'on n'imaginerait pas. Ce serait intéressant de faire autre chose qu'une entrevue classique, t'sais.
Peut-être un atelier d'écrisseur. Je sais que vous en faites souvent, puis l'atelier d'écrisseur pourrait peut-être être un atelier sur la gestion participative.
On pourrait demander aux personnes de se commettre, d'écrire quelque chose sur ça, puis il y a peut-être des choses intéressantes qui vont sortir de ça. Fait que je me demandais ce que t'en pensais, là.
[00:43:43] Speaker D: Bonjour.
Charlie était d'accord avec l'idée de l'exercice d'écriture, même si elle me disait qu'elle ne pouvait pas garantir une grande participation.
En se croisant les doigts, on a donc monté un atelier qu'on a donné quelques jours plus tard. Salut!
[00:44:00] Speaker A: Ça va? Bonjour!
[00:44:02] Speaker D: Quand je suis entré dans la pièce où on donnait l'activité, j'étais heureux parce que la table était pleine. Je pense qu'on était douze. Les gens s'étaient mobilisés.
[00:44:11] Speaker A: Un, quatre, cinq.
[00:44:15] Speaker E: Un, deux, quatre, cinq, parfait!
[00:44:17] Speaker A: On parle en code là, on est
[00:44:20] Speaker D: comme... Non, ça c'était pas nous qui comptait le nombre de personnes. C'était des discussions un peu cryptiques entre moi et mon collègue qui était là pour nous assister dans la prise de son.
Après un moment, on était prêts et Charlie a cassé la glace.
[00:44:36] Speaker E: Bonjour, merci tout le monde d'être là.
Je suis agréablement surprise de vous voir en si grand nombre. Moi et Jeff, on était stressé d'avoir personne. Finalement, on est super nombreux.
Merci.
[00:44:50] Speaker D: On était bien reconnaissant qu'autant de monde participe. Et de mon côté, j'avais aussi besoin de faire comprendre aux gens que ça avait beaucoup de sens pour moi d'animer un atelier comme ça. Et pas juste pour le balado.
[00:45:01] Speaker A: Je suis vraiment content d'être là aujourd'hui.
Ça me rappelle... Parce que moi, c'est ça, avant, j'ai fait du slam, mais j'ai fait aussi des cercles d'écriture pendant quasiment huit ans, là, parce que les gens amenaient leurs textes.
On était vraiment zélés, on faisait ça à chaque semaine.
Puis là, les gens lisaient, puis ça m'a amené à connaître plein de personnes. Parce que quand t'amènes un texte, t'écris un texte, tu te dis un peu qui t'es. Puis là, ça m'a vraiment fait découvrir plein de gens. Ça fait que là, de revivre ça aujourd'hui, ça vient me chercher. Puis je suis bien fébrile, puis je suis très fébrile aussi de voir qu'il y a autant de monde.
[00:45:30] Speaker D: Voir des gens autour d'une table, pour écrire, ça me rappelait de bons souvenirs.
[00:45:34] Speaker A: Ça m'avait sorti de mon sous-sol quand
[00:45:36] Speaker D: j'étais jeune et aussi de quelques phases difficiles. Mais bon, à ce moment-là, j'énonçais surtout ça pour me présenter et montrer que j'avais une certaine expérience avec le slam et les ateliers d'écriture.
[00:45:46] Speaker E: Donc, la première petite activité qu'on va faire, là, je vous lance avec... Comme je l'ai dit, le thème, c'est la gestion participative. Fait que c'est... Qu'est-ce que ça vous inspire, la gestion participative? Je vais vous donner des petits papiers sur lesquels vous allez pouvoir écrire des mots qui vous inspirent le thème de la gestion participative. Il n'y a pas de bonne ou de mauvaise réponse. Si ça vous tente d'écrire genre «ours en peluche », faites-le. Comme «ça me dérange pas », c'est vraiment...
[00:46:13] Speaker D: C'était une bonne idée d'amener un peu d'humour et laisser les personnes écrire complètement ce qu'elles voulaient. Mais j'étais quand même inquiet du résultat.
[00:46:32] Speaker A: Après quelques
[00:46:38] Speaker D: blagues qui étaient de coutume au rivage, les gens ont commencé à écrire.
Et ensuite, on leur a demandé d'expliquer pourquoi ils avaient inscrit les mots qu'ils avaient choisis.
Un des participants, Peter, avait inscrit le mot «pouvoir».
[00:46:55] Speaker P: Ça nous permet une réappropriation du pouvoir. On se trouve à découvrir qu'on a des talents qu'on ne savait pas.
Puis on peut participer à améliorer, à faire évoluer la ressource.
[00:47:10] Speaker D: Pendant qu'ils parlaient, on souriait en coin, Charlie et moi. Il n'y avait pas de doute. On avait bien visé en organisant cette activité-là.
[00:47:17] Speaker N: Moi, j'ai choisi l'amitié, puis un lien de connaissances, puis d'apprendre. Tu sais, d'apprendre à connaître d'autres façons, puis d'autres idées.
[00:47:26] Speaker D: À mesure que les personnes se confiaient, je voyais à quel point elles avaient une connaissance très nuancée de la gestion participative.
Disons que je prenais beaucoup de notes.
[00:47:36] Speaker N: Moi, les trois mots, parce que j'ai eu trois papiers que j'ai trouvés, mais j'ai triché, j'ai mis comme deux mots dans un papier. Donc le premier, c'est coloré.
Chacun apporte sa couleur. Ça met plein de couleurs, puis ça... De loin, on peut voir l'endroit parce qu'elle brille de couleurs. L'autre, c'est la puissance.
Les faits, tu sais, ça, là, on peut beaucoup ensemble, tout est possible. Donc pour moi, c'est le fait de... tes talents, les miens, les vôtres, fait qu'on peut être encore plus puissant que seul dans ce combat.
Puis là, à travers ça, bien c'est évident qu'on trouve un sentiment d'appartenance parce qu'on, à cause qu'on y met nos couleurs, puis toi tu mets tes couleurs, bien on a chacun notre place au sein de l'organisme.
[00:48:23] Speaker D: D'un témoignage à l'autre, je prenais conscience que s'impliquer en gestion participative permettait aux gens de découvrir leurs talents et d'être reconnus dans leurs forces.
Chaque individu était un maillon unique et précieux qui renforçait à sa façon l'ensemble du groupe. Pendant que je finissais de noter tout ça, une autre femme a pris la parole.
[00:48:41] Speaker N: Moi, j'ai mis la coopération.
L'égalité, puis la communauté, parce que je trouve que c'est un modèle qui est horizontal puis linéaire.
J'aime l'idée qu'on a tous notre mot à dire, puis que chaque personne a un poids équivalent dans la prise de décision. Donc, voilà.
[00:49:06] Speaker D: Les mots de cette participante-là amenaient une nuance intéressante. Et une autre femme s'est exprimée dans le même sens.
[00:49:13] Speaker F: Moi, j'ai mis le partage.
le cœur, le respect et les idées.
Parce que la gestion participative, pour moi, c'est le respect de l'opinion des autres, puis le partage.
Moi, je me sens à l'aise de partager, parce qu'on est dans le non-jugement. C'est une safe place.
C'est ça, pour moi, la gestion participative. C'est le respect des autres, surtout.
[00:49:40] Speaker E: Merci!
[00:49:43] Speaker D: Ce que j'avais compris en écoutant les deux dernières interventions, c'était que la gestion participative devait respecter certaines conditions pour fonctionner. Fallait s'assurer d'écouter réellement et travailler à ce que tout le monde soit considéré avec la même importance.
Et en plus de ça, c'était aussi incontournable de veiller à ce que les personnes se sentent assez à l'aise et respectées pour s'exprimer. C'était sûrement tout un défi d'atteindre ça. Mais à écouter tout le monde depuis le début du projet, j'ai l'impression que le rivage y accuvait.
À sa façon.
Une fois que tout le monde avait expliqué et écrit leurs mots sur un petit papier, on les a tous mis dans un grand bol et on a demandé aux participants de piger pour le prochain exercice.
[00:50:21] Speaker A: Je vous invite à écrire un texte, à peu près maximum une page. Fait qu'on va vous donner, une fois que vous avez pigé, un bon dix minutes pour écrire ça.
[00:50:30] Speaker D: L'inspiration était dans l'air et après un temps, on a demandé aux personnes de lire leurs textes à voix haute. Une première courageuse s'est lancée.
[00:50:41] Speaker N: Nous vivons dans une société où le mental, le paraître, la performance dirigent notre vie. Les réseaux sociaux nous bombardent d'images parfaites de corps de déesses. Au fil du temps, on se perd, cherchant sa place au sein de cette communauté.
Impossible de donner son avis sans être mépris. On doit suivre le bide. Et puis un jour, on en a assez, on se mobilise, on revient au cœur, tout devient plus clair. Comme par magie, on réalise que pour être soi, on doit se donner le droit d'exister et de se réaliser.
[00:51:20] Speaker D: C'est fou, mais passer à la partie texte de l'atelier aidait à révéler des aspects plus personnels sur les membres. J'avais le sentiment qu'il se confiait plus.
Dans le cas de cette femme, on sentait que le poids des injonctions sociales pesait lourd sur elle et que le fait de s'impliquer était un remède contre ça.
La deuxième personne à lire son texte, c'était Roger, le président du RIVAGE.
[00:51:41] Speaker G: Je suis engagé au RIVAGE.
Ça fait plusieurs années qu'avec d'autres membres de l'organisme, le respect est une règle très importante ici.
On entraîne plus fort ensemble que tout seul.
[00:52:01] Speaker D: Même si Roger parlait pas très fort, ses mots avaient un grand impact. Je sais pas pourquoi, mais on dirait que chacune de ses syllabes était imprégnée de tout ce qu'il avait vécu au rivage. Et ce qui ressortait, c'était la fierté de toutes ces années d'engagement et la force que ça lui donnait. On sentait aussi que l'organisme l'avait accepté tel qu'il est et que pour lui, c'était majeur. J'avais déjà hâte d'entendre la prochaine lecture.
[00:52:24] Speaker N: C'est pas nous qui a commencé, les règles, ils nous les ont imposées. Mais là, c'est la revanche. La porte est débarrée, le spaghetti est à broil, le café est chaud.
Viens t'asseoir, promis, je vais t'écouter.
[00:52:36] Speaker D: La revanche. J'ai eu des frissons quand j'ai entendu ça. C'est comme si des communautés comme celle du rivage étaient un moyen de dénoncer et de s'adapter à une société problématique.
[00:52:46] Speaker P: Dans une salle accueillante, pleine de gens enthousiasmants, il y a partage d'idées folles et raisonnées.
d'opinion et de plomb, de biscuits et café et de rire et d'émotion. Par empathie, on réagit, des réalités exprimées et partagées. Ça joue dans les tripes. Brassez la mémoire passée, remplie d'émotion.
Je vais t'aider.
Reçois le souper et bois, qu'on s'est entraider à faire et à partager.
[00:53:19] Speaker D: J'entendais dans la voix de Peter qui était émue. Et ce qu'il décrivait était la communauté qui s'était formée au rivage. Un endroit où les gens pouvaient échanger et s'entraider face à ce qui ne va pas bien des fois.
Après trois textes, c'est drôle, mais j'avais l'impression que les personnes ne parlaient plus directement de gestion participative.
Je pense que ce qu'on entendait était le reflet de ce qu'elles avaient besoin.
L'atelier tirait à sa fin et on a clôt l'après-midi en demandant aux gens de faire un dessin qui symbolisait ce que la gestion participative était pour eux.
Et quand ils ont terminé, Charlie a demandé aux gens de placer le tout au centre de la table et d'énumérer spontanément ce que l'ensemble des œuvres leur inspirait.
Ça a donné une belle valse de mots qui résumait bien ce que j'avais appris à cette étape-là du projet.
[00:54:13] Speaker E: Diversité.
[00:54:14] Speaker F: Entraide.
L'union.
[00:54:17] Speaker D: Partage.
[00:54:19] Speaker F: Est-ce qu'on a dit l'harmonie? C'est la floraison de quelque chose de plus gros.
[00:54:37] Speaker A: Petite note à moi-même, je viens juste de participer au XM Atelier d'écriture de ma vie. Cette fois-ci, c'était vraiment le fun d'entendre les gens se livrer comme ça sur le sujet avec des textes.
Aussi, ce que j'ai vraiment trouvé touchant et révélateur, c'est qu'on sentait que les gens avaient une grande confiance au vivage. C'était un lieu où je pense qu'ils avaient été accueillis dans ce qu'ils vivaient. Il n'y a pas beaucoup d'endroits, tu sais, à part avec les psychologues, mais là encore, là, il faut payer, puis
[00:55:07] Speaker D: laisser à laisser, tu sais, où est-ce
[00:55:09] Speaker A: que tu peux... tu peux te confier à quelqu'un de neutre.
Et cet aspect-là, justement, du bien-être, c'est quelque chose que je pense que j'aurais envie de creuser un petit peu plus, parce qu'après tout, le rivage, c'est un organisme qui s'identifie comme une ressource alternative en santé mentale, et je pense que ça va être un peu ça qui va guider les biens prochains.
Ouais, disons qu'il reste pas mal de
[00:55:30] Speaker D: choses encore à explorer.